Signature d'une nouvelle «Paix des Braves»

Signature d'une nouvelle «Paix des Braves»

Dakarmatin Le 2019-11-18  Source

Un moment à la fois solennel et historique! La salle des banquets du palais de la République a abrité hier, dimanche 17 novembre, la cérémonie de restitution du sabre d'El Hadji Oumar Tall au Sénégal. Le président de la République, Macky Sall, qui a présidé la rencontre en compagnie du Premier ministre français, Edouard Philippe, en visite au Sénégal, a qualifié cet acte de retrouvailles pour «signer la paix des braves» entre descendants d'anciens belligérants, déclarant ainsi que «ce jour est historique!». Mieux, après être entré en possession de l'arme qu'il a reçu des mains du Premier ministre français, il a assuré que «nous sommes prêts à recevoir notre patrimoine et nous sommes prêts au partage et à l'échange fraternels.» Auparavant, Edouard Philippe a souligné que «la place de ce sabre est bel et bien ici, auprès des peuples qui composent l'empire qu'a fondé El Hadji Oumar Tall».

MACKY SALL, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE «Nous sommes prêts à accueillir notre patrimoineet?»

«Nous sommes prêts à accueillir notre patrimoine et nous sommes prêts au partage et à l'échange fraternels».Dixit le président de la République, Macky Sall, après avoir reçu le sabre du vénéré El Hadji Oumar Tall des mains du Premier ministre français, Edouard Philippe. C'était hier, dimanche 11 novembre, lors de la cérémonie de restitution au Sénégal du sabre du chef religieux et résistant à la colonisation française, El Hadji Oumar Foutiyou Tall, qu'il a présidé à la salle des banquets du palais présidentiel, en compagnie du Premier ministre français, en visite dans notre pays. Selon le président Sall, «le Sénégal est pour le dialogue qui réduit la distance et favorise la compréhension. Nous sommes pour le rendez-vous du donner et du recevoir à la civilisation universelle, symbiose de toutes les cultures. Pour le Sénégal, le patrimoine rapatrié à sa source, fera aussi place à l'échange par une circularité ouverte à l'Afrique, à l'Europe et au reste du monde». D'ailleurs, «c'est dans cet esprit de partage et fraternité humaine que nous recevons, aujourd'hui, le sabre d'El Hadji Oumar. C'est dans le même esprit que nous accueillerons, demain, d'autres patrimoines sénégalais», a-t-il dit. Le chef de l'Etat de rappeler que le rapatriement du patrimoine africain retenu par la France fait l'objet d'intenses réclamations légitimes qui suscitent des débats passionnés. Mais, le Sénégal et la France veulent inscrire cette restitution dans «un esprit convivial, de façon sereine, posée et apaisée. C'est le sens même de cette cérémonie d'aujourd'- hui (hier, ndlr)».

Pour Macky Sall, «en restituant le sabre d'El Hadji Oumar, mystique et intellectuel hors pairs, saint homme et résistant, la France célèbre en même temps que sa propre grandeur, l'honneur et la dignité d'un combattant dont le refus de la soumission symbolise finalement notre attachement commun à une valeur partagée: la liberté». Donc, «ce jour est historique. Voici que des descendants d'anciens belligérants se retrouvent et sympathisent, comme pour signer la paix des braves, avec cette cérémonie de remise du sabre en prélude à sa restitution définitive», a-t-il soutenu. Suffisant pour qu'il magnifie le «courage» du président français, Emmanuel Macron. «Il fallait du courage pour s'élever au-dessus du tumulte et entreprendre l'exercice délicat de restitution des objets. Oui, la symbolique est forte de sa charge émotionnelle, parce qu'un sabre, vous l'avez dit, est plus qu'une arme. A travers les âges, et encore de nos jours, le sabre est symbole de fierté et d'élégance, d'apparat et de noblesse. De grands hommes en ont fait leur compagnon inséparable. Et les grands hommes, comme leur sabre, ne meurent jamais. Ils défient le temps à travers leurs oeuvres. Ainsi, en est-il d'El Hadji Oumar Tall, l'aigle de Halwar».

LA FRANCE INDIQUE LA VOIE A TOUS LES DETENTEURS DU PATRIMOINE AFRICAIN

A l'en croire, «(?) si la capture d'un patrimoine oblitère et efface la mémoire d'un peuple, pour nous, sa restitution ne signifie ni contemplation béate du passé ni un repli étriqué sur soi». En attendant, avec cette restitution, fera-t-il savoir, la France ouvre la voie à tous ceux qui détiennent le patrimoine africain. «Nos deux pays écrivent ensemble l'histoire, au présent, en inaugurant de nouvelles modalités relationnelles qui cèdent la place à la noblesse d'un paradigme fondé sur le respect mutuel et la confiance d'un destin solidaire», a-t-il confié. Et le président Sall de poursuivre: «il est heureux que le sabre d'El Hadji Oumar Tall, conservé au Musée de l'Armée française, sous le numéro d'inventaire 6995, balise de son éclat, cette nouvelle séquence des relations franco-sénégalaises», a-t-il expliqué le président sénégalais qui a ramis le sabre, reçu des mains du Premier ministre français, au ministre sénégalais de la Culture. Avant que ce dernier ne le confie au directeur du Musée des civilisations noires où l'arme de Cheikh Oumar Foutiyou Tall sera exposée

EDOUARD PHILIPPE, PREMIER MINISTRE FRAN'AIS «LA PLACE DU SABRE D'EL HADJI OUMAR TALL, C'EST BEL ET BIEN ICI»

«La place de ce sabre est bel et bien ici, auprès des peuples qui composent l'empire qu'a fondé El Hadji Oumar qui comprend aujourd'hui une partie du Sénégal, de la Guinée, du Mali...» Le Premier ministre français, Edouard Philippe, en est convaincu.

Prenant la parole avant le président Macky Sall, hier dimanche, lors de la cérémonie de restitution du sabre du vénéré chef religieux doublé de résistant à l'envahisseur français, le Premier ministre français s'est demandé «comment ne pas voir dans ce sabre le sang versé par les tirailleurs sénégalais, aux côtés des soldats français, pour défendre notre pays, notre culture, nos valeurs pendant les deux guerres mondiales'» Edouard Philippe de revenir sur son rapport avec les sabres.

«Il se trouve que j'ai un lien particulier avec les sabres. J'en possède un qui me suit partout... dans mes différents bureaux, y compris sur celui sur lequel je travaille, à Matignon. C'est un sabre que je conserve depuis mon service militaire. Elle signifie beaucoup pour moi (...) Ce sabre est une arme noble par excellence.

C'est celle du commandement, celle de la responsabilité, celle de la charge, de l'abordage. Tout dépend de l'endroit où on se trouve. Mais quel que soit l'endroit, avec un sabre, on est toujours en première ligne.»

Toutefois, le Premier ministre français, qui a été reçu par Macky Sall et les Khalifes des Tidiane et de la famille omarienne, s'empresse de relever que «ce sabre qui nous réunit, est plus prestigieux que celui que je possède. Celui-ci, est celui d'un conquérant, celui d'un guide spirituel que l'histoire connaît sous le nom d'El Hadji Oumar Tall.

Ce sabre, c'est celui du fondateur d'un empire toucouleur qui comprenait la Guinée, le Mali et le Sénégal...», a-t-il souligné, rappelant «l'engagement» de la France dans le processus de restitution du patrimoine africain. Edouard Philippe est accompagné à Dakar d'une forte délégation composée de Jean Yves Le Driand, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Florence Parly, ministre des Armées, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Franck Riester, ministre de la Culture, JeanBaptiste Djebbari, Secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, chargé des Transports, Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, de parlementaires, de chefs d'entreprises et de plusieurs autres personnalités.

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