SORTIE 45e PROMOTION : La Police nationale s'enrichit de 1 474 éléments

Le chemin a été long et périlleux, mais les 1 492 éléments de la 45e promotion de la Police nationale l'ont bravé avec courage et dévouement. Ils ont été célébrés, hier, avec tous les honneurs, par la République.

Au front du monument des morts, le ministre de l'Intérieur, conformément la tradition, dépose les gerbes de fleurs. En ce jour de mardi 8 octobre, marquant la cérémonie de fin de formation de la 45e promotion de la Police nationale, le rituel a une connotation bien particulière.

En fait, de cette promotion, appartient également feu l'élève agent de police Nouah Coly, ôté l'affection de ses camarades par un accident tragique survenu Diouloulou. C'était le 15 juin dernier. Le natif de Karthiack, dans le département de Bignona, n'avait que 27 ans. Il avait déj fait toutes ses évaluations, et avait obtenu une moyenne de plus de 15. Le directeur de l'école, Ousmane Guèye, exprime son profond regret: "Le dépôt des gerbes, suivi du recueillement de toute l'assistance, constitue l'instant le plus émouvant de la cérémonie, pour tout le personnel de l'Ecole nationale de police et pour les élèves. Ce rituel a profondément ravivé le sentiment de tristesse, en pensant l'élève agent de police Nouah Coly, né le 11 juillet 1992 Karthiack. Nous nous inclinons pieusement devant sa mémoire.''

Nouah Coly faisait ainsi partie de cette 45e promotion qui compte 1 492 élèves dont 17 élèves commissaires de police. Parmi lesquels, il y a 5 Gabonais. En outre, la promotion compte 13 élèves officiers de police, 132 élèves sous-officiers de police et 1 330 élèves agents de police. Tous seront disséminés travers le territoire national, pour la protection des populations et de leurs biens.

Etre policier, leur rappelle le directeur, sous-tend deux obligations principales. D'abord, celle de servir; ensuite, celle de la dignité. En ce qui concerne la première, Ousmane Guèye dira: "Elle exige de vous d'être en tout temps et en toutes circonstances au service exclusif de votre pays et de vos concitoyens. Par votre serment, vous vous engagez servir votre nation. Un engagement qui peut aller jusqu'au sacrifice suprême. Il faut garder ce mot "servir' encré dans votre esprit et dans votre coeur.''

Pour la seconde, il s'agit, pour le policier, d'être digne des sacrifices énormes consentis par les anciens, dans ses comportements et attitudes, quelles que soient les circonstances et les conditions dans lesquelles il est amené accomplir sa mission. "En vous abstenant de tout acte ou propos de nature vous discréditer ou ternir l'image de l'institution que vous incarnez. C'est en cela que vous mériterez toute la confiance que la population a placée en vous et le respect qui vous est dû'', souligne le commissaire Guèye.

Désormais, dans le corps très prestigieux de la Police nationale, ces éléments ont ainsi fait le choix de consacrer leur vie protéger leurs concitoyens et leurs biens. Ces derniers leur devront certes respect et confiance. Mais si l'on en croit Ousmane Guèye, cela ne se présume point. "Cette confiance et ce respect constituent la source de la légitimité et l'autorité qui s'attachent vos prérogatives. La qualité des services rendus nos concitoyens, votre réussite professionnelle en dépendent grandement'', dixit le directeur de l'Ecole de police qui invite ses désormais collègues au culte de l'excellence "dans le savoir-faire et la savoir-être''.

17 commissaires et 13 élèves officiers

Pour sa part, le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a surtout axé son propos sur la notion de sacrifice qui doit guider leurs actes de tous les jours. "Vous avez librement choisi de servir votre nation travers le prestigieux corps qu'est la police nationale. Ce choix exige de multiples sacrifices. Ces sacrifices qui fondent votre métier ne seront mis en valeur que par un comportement irréprochable en toutes circonstances. La courtoisie, le respect de l'autre et le sens de l'honneur devront guider toutes vos actions qui demeurent indispensables l'équilibre de toute société'', clame le ministre.

Membre de la cohorte des commissaires, Mbaye Diouf exprime ses sentiments de fierté, de satisfaction et d'engagement. Il dit: "C'est un moment très important pour tout fonctionnaire de police. C'est la date d'entrée officielle dans la corporation. Tout d'abord, nous éprouvons des sentiments de fierté; fiers d'arborer la tenue de la Police nationale. Fiers également d'avoir été porteurs d'épaulettes, de galons devant les autorités de la République, la famille et les amis.''

Mais, au-del de ce sentiment de fierté et de grande joie, le nouveau commissaire mesure l'ampleur de la tâche qui les attend au sein de la Police nationale. Il affirme avec force: "Nous avons prêté serment devant Dieu et les hommes, comme on dit. Nous avons juré de servir la nation, en toute loyauté, dans l'honneur et au service de la loi, conformément notre devise. C'est un engagement très fort que nous avons pris et nous comptons bien le remplir. Durant toute notre carrière, même si on serait tenté des choses non catholiques, on se souviendra du serment que nous avons fait.''

Sur les 1 492 éléments de la promotion, 11 personnes n'ont pu suivre toutes les évaluations, pour cause de maladie de longue durée; un est décédé récemment, un autre retenu pour insuffisance de notes. Si l'on y ajoute les 5 commissaires de nationalité gabonaise, cela fait 1 474 éléments qui viennent officiellement grossir la profession.

MOR AMAR

Nous vous recommandons