Soudan : le procès pour corruption d'Omar el-Béchir s'ouvre Khartoum

Soudan : le procès pour corruption d'Omar el-Béchir s'ouvre Khartoum

Senenews Le 2019-08-20  Source

Le procès de l'ex-chef d'Etat Omar el-Bechir accusé de corruption s'ouvre au Soudan samedi alors que le Conseil militaire et les chefs de file de la contestation sont parvenus un accord historique qui doit être rendu public ce même jour.

Le procès d'Omar el-Bechir, encore impensable il y a quatre mois, doit s'ouvrir samedi 17 août. L'ex-président soudanais renversé par la rue, après vingt-six ans au pouvoir doit répondre devant un tribunal soudanais d'accusations de corruption. L'équivalent de 113 millions de dollars en devises étrangères et livres soudanaises avaient été saisis quelques jours après sa destitution et son arrestation le 11 avril dans l'une de ses résidences Khartoum.

Ironie du calendrier, c'est aussi samedi que le Conseil militaire de transiton et les représentants de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC) fer de lance de la contestation signeront un accord historique ouvrant une période de transition de trois ans vers un pouvoir civil.

Obtenu après d'âpres négociations, l'accord met fin des mois de manifestations, déclenchées le 19 décembre par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain avant de se transformer en contestation du régime autoritaire d'Omar el-Bechir. Réprimée dans le sang, plus de 250 personnes y ont trouvé la mort, dont 127 lors de la dispersion brutale d'un sit-in devant le QG de l'armée Khartoum le 3 juin.

Samedi l'ex-président Omar el-Béchir ne répondra pas de ces morts. Il ne sera pas non plus poursuivi pour les accusations de crimes de guerre et de génocides perpétrés lors de la guerre du Darfour entre 2003 et 2004 et pour lesquelles deux mandats internationaux ont été émis son encontre par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010. "Je pense que le procès sur la corruption sera le premier d'une grande série son encontre. Viendront ensuite ceux liés aux crimes de guerre", veut bien croire Jean-Claude Félix-Tchicaya, chercheur l'Institut de Prospectives et de Sécurité en Europe (IPSE) contacté par France 24.

Mi-juin, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait plaidé devant le Conseil de sécurité de l'ONU pour un jugement devant la justice internationale juste après une première comparution d'Omar el-Bechir, le 16 juin. «Le moment est venu pour le peuple soudanais de choisir le droit au détriment de l'impunité et de veiller ce que les suspects de la CPI dans le dossier du Darfour soient finalement jugés devant un tribunal», avait-t-elle déclaré.

Source : France 24

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