Tour de table avec... Dr François Joseph Cabral, enseignant la Faculté des sciences économiques de l'Ucad : «Un climat qui favorise les métiers liés l'innovation»

Tour de table avec... Dr François Joseph Cabral, enseignant la Faculté des sciences économiques de l'Ucad : «Un climat qui favorise les métiers liés l'innovation»

Lequotidien Le 2016-09-20  Source

En marge de la conférence publique animée par le Directeur adjoint du Fonds monétaire international (Fmi), Mitsuhiro Furusawa, le Pr Cabral a décortiqué l'offre et la demande de travail au Sénégal. Selon cet enseignant de l'Ucad, la principale question sur l'emploi n'est pas posée de façon rigoureuse.

La demande d'emplois est forte chez les jeunes au Sénégal. Mais fort peu sont embauchés. Vous en avez livré une lecture lors de la conférence publique du Directeur général adjoint du Fmî
Quand vous prenez le profil de l'offre, il est dominé par les non qualifiés. Les gens qui n'ont pas eu la chance que nous avons. Si vous prenez la typologie, ce que le patronat a fait, vous regroupez les qualifications en 4. Les très qualifiés, les moyennement qualifiés, les peu qualifiés et les non qualifiés, c'est--dire ceux qui n'ont pas dépassé le cap du Cm2. Si vous prenez la demande, Afristat nous dit qu'il y a 42 secteurs.Mais que recoupent ces secteurs' Ce sont des entreprises. Donc ce sont des entrepreneurs qui vont demander du travail. Le problème, c'est d'appareiller les deux. Est-ce que le côté offre peut facilement être concilié un côté demandé La réponse, quand vous interrogez cette équipe, c'est non. Et du coup, vous avez deux problèmes dresser. Si vous avez beaucoup de non qualifiés, l'Etat a la fonction d'assurer la répartition des revenus. L'Etat ne peut pas laisser cette frange en rade, donc ils doivent être absorbés. Dans quels secteurs' Certainement les secteurs qui utilisent les non-qualifiés. Et donc, vous avez un problème parce que ce ne sont pas malheureusement les secteurs qui tirent la croissance. Ce ne sont pas lesmoteurs de l'économie. Vous prenez lesmoteurs de l'économie, vous vous posez la question de quoi les entrepreneurs ont besoin' Ce n'est pas une question que les gens se posent généralement. De quoi l'économie a besoin globalement comme qualification' L'entrepreneur a des rationalités très simples. Je vais prendre les qualifications qui me conviennent. Est-ce que le système produit cette qualification' Je vais embaucher partirmoment où le coût du travail me permet de le faire. L'un dans l'autre, on a un excès d'offre, beaucoup de gens qui demandent de l'emploi et peu qui sont embauchés.

Comment faire pour corriger cel Sur quel levier faut-il appuyer?
Je n'ai pas de recette toute faite. Tout dépend de la façon dont on traite la question. Se poser d'abord la question de quoi l'économie a besoin comme qualification, de quoi les entrepreneurs ont besoin comme compétencé C'est la première question adresser. Et c'est le système de production de qualification qui doit répondre ça. Il y a quand même de plus en plus de solutions qui sont l long terme. a peut être payant. Ce sont les Instituts supérieurs d'enseignement professionnel (Isep) où on va former des gens pour des métiers spécifiques dont l'économie a besoin. a a commencé Thiès. Plus on en aura, plus on pourra apporter une réponse cette question, dans le niveau intermédiaire moyennement et peu qualifiée. Après, l'avenir, c'est de mettre un climat qui favorise les métiers liés l'innovation. Le Kenya est un exemple mais vous prenez Google ou Facebook, c'était cela au départ. Juste une innovation, une idée qui donne lieu une firme qui, par l'offre, créée beaucoup d'emplois. Cette solution me semble beaucoup plus durable pour le Sénégal parce que la particularité du pays, jusqu' ce qu'on ait découvert du pétrole, ce sont les idées. On produit beaucoup de ressources humaines et c'est par l que ça doit se jouer et c'est par l que nous pouvons avoir une croissance forte et qui n'est pas volatile.

Dans le contexte actuel, est-il possible d'avoir la fois des créations d'emplois et une émergence économiqué
C'est faisable bien sûr. Il y a un arbitrage tenu que les décideurs doivent régler pour que les non-qualifiés soient absorbés. Je pense que la philosophie des domaines agricoles participe cela. Mais long terme, si nous voulons avoir une croissance forte et qui dure, il faut aller vers lesmétiers, les secteurs d'avenir.

Quels secteurs par exemplé
Tout ce qui tourne autour de l'innovation et de la recherche développement. C'est cela qui vous permet de ne pas dépendre des chocs du marché mondial. Le prix du coton qui s'affaisse, le pétrole qui augmente, ce yoyo de la croissance, on peut trouver le moyen de s'en affranchir en allant vers ces secteurs basés sur l'innovation et la recherche développement.

500 000 emplois au Sénégal, ça vous semble possiblé
a dépend de la première question que j'ai agitée. Est-ce qu'on se demande de quoi l'économie, donc les entrepreneurs ont besoin.

Est-ce que vous pensez que cette question est bien posée au Sénégal'
Je n'ai pas l'impression que ce soit adressé de la façon la plus rigoureuse possible. Les décideurs l'agitent parfois, mais est-ce que la démarche rigoureuse qui sied a-t-elle été utiliséé Je ne pense pas.

Et c'est quoi cette démarche rigoureusé
C'est de faire comme toutle monde. Vous avez pas mal de Think tanks qui tournent autour. Nous sommes l'université et c'est fait pour ça. C'est possible d'apporter une réponse cette question. Mais la réponse, elle ne peut pas être utile la société ou aux décideurs si ce n'est qu`un papier qui permet de graduer. Elle devient utile partir du moment où les décideurs s'en approprient et apportent les correctifs pour mieux concilier le côté offre et le côté demande du marché du travail.


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