TRAFIC DE FAUX LAISSEZ-PASSER DURANT L’ETAT D’URGENCE : Mor Talla Syll et Georges Jacques Pène risquent six mois ferme

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Georges Jacques Pène et Mor Talla Syll ont été jugés, vendredi dernier, à  la barre de la Chambre correctionnelle du tribunal de Dakar. Ils ont été arrêtés pour trafic de faux laissez-passer durant l’état d’urgence décrété au mois de mars.

 

Georges Jacques Pène a comparu, vendredi, à  la barre du tribunal correctionnel de Dakar. Il est poursuivi, de même que son co-prévenu Mor Talla Syll qui n’a pas comparu, pour faux et usage de faux en document administratif et association de malfaiteurs.  Les faits se sont déroulés en mars 2020. A l’époque, pour limiter la propagation de la Covid-19, l’Etat d’urgence avait été décrété.

Ainsi, la circulation interurbaine avait été interdite à  presque tous. Seuls ceux qui disposaient d’une autorisation spéciale avaient le droit de circuler. Toutefois, les forces de sécurité avaient été informées de la disposition à  outrance de ce précieux sésame. Corsant le contrôle, des forces de l’ordre qui sont préposées sur l’autoroute ont intercepté le chauffeur Mor Talla Syll qui faisait quotidiennement des allers-retours entre Dakar, Thiès et Saint-Louis, avec un laissez-passer truffé de fautes. Cuisiné par les limiers, l’individu soutient que le document lui a été vendu par Georges Jacques Pène qui sera à  son tour arrêté.

Face au juge, ce dernier a contredit Syll. Poursuivi pour faux et usage de faux dans un document administratif et association de malfaiteurs, il a déclaré que le document qu’il fournissait n’était pas un faux. »˜’On m’a dit qu’il s’agit de faux laissez-passer, mais ce n’est pas vrai. Le cachet n’est pas faux. Les documents m’ont été donnés par l’ancien DSP (directeur de la Sécurité publique), avant même l’état d’urgence. Moi, je disposais d’un laissez-passer permanent », s’est-il défendu.

A l’en croire, en tant que »˜’dieuwrine », il a offert à  ses condisciples mourides des laissez-passer. S’agissant de la vente, il fulmine : »˜’Je suis chef d’entreprise. Je n’ai pas besoin de vendre des laissez-passer. » Ses propos ne sont pas confortés par les éléments de l’enquête. En effet, une fouille de sa maison a permis aux enquêteurs de découvrir des documents dont de nombreuses pièces d’identité. En sus de cela, huit individus dont un Pakistanais l’auraient désigné comme celui qui leur a vendu le faux document à  150 mille francs.  Pour sa défense, il affirme : »˜’Il n’y en avait que trois et ce sont celles de mes neveux.  Je n’ai jamais vu de Pakistanais. Je travaille dans les carrières et je reçois beaucoup de documents. Pour Mor Talla Syll, cela fait plus de 10 ans que je le connais. »

La représentante du ministère public a requis 6 mois d’emprisonnement ferme contre les prévenus. »˜’Ses discussions WhatsApp et les reçus de transferts sont assez de preuves accablantes. Il s’y ajoute que dans le procès-verbal, il est mentionné qu’il a déclaré aux enquêteurs qu’il est un facilitateur en démarche administrative. A ce titre, il fréquentait le bureau de la DSP qui lui offrait gracieusement des laissez-passer vierges qu’il revendait », a souligné le maitre des poursuites.

Pour sa part, Me Cheikh Sy estime que l’innocence de son client ne souffre d’aucun doute. A cet effet, il a plaidé sa relaxe.

Après avoir accordé la liberté provisoire au prévenu Georges Jacques Pène, le tribunal a mis l’affaire en délibéré au 28 janvier prochain.

MAGUETTE NDAO

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