TRAVAILLEURS DE LA SIGELEC 35 MOIS SANS SALAIRE : Guy Marius appelé en renfort, mais la galère se poursuit

En difficulté depuis plus d'un an pour des arriérés de salaire de plus de 30 mois, les travailleurs de la Sigelec ont fait appel, hier Thiès, Guy Marius Sagna et d'autres membres de la société civile pour les aider obtenir gain de cause des héritiers de feu Idrissa Seydi.

Désormais, les travailleurs de la Sigelec, l'entreprise sénégalaise qui détient le monopole de la production de piles électriques, peuvent compter sur l'activiste Guy Marius Sagna. Lassés de courir derrière 35 mois d'arriérés de salaire, ces derniers lui ont tendu la main pour qu'il les aide dans ce combat sans fin. Selon le membre fondateur de Frapp/France dégage et de la plateforme multi-lutte Doyna, il est inadmissible que des pères de famille puissent rester pendant tout ce temps sans salaire. Ainsi, commence avec lui une longue bataille pour la restauration de la dignité et du droit des travailleurs.

"Je suis venu au nom du Frapp et de la plateforme multi-lutte Doyna pour exprimer notre solidarité la population thiessoise et aux travailleurs de la Sigelec qui vivent un calvaire et une galère sans fin, depuis 35 mois. Il est tout simplement scandaleux, inacceptable, choquant, que des travailleurs puissent rester 35 mois sans salaire. Et que, pendant que ces travailleurs ne travaillent plus, qu'on retrouve des piles Hellesens de cette Sigelec dans les boutiques. Je crois que l'Etat du Sénégal est interpellé. L'inspection du travail est interpellée de même que la justice sénégalaise'', a regretté Guy Marius Sagna.

La situation que vivent les travailleurs de la Sigelec, l'enfant d'Etomé, dans le département de Ziguinchor, la trouve chaotique. Vu la tournure que prend ce dossier qui dure depuis très longtemps, Guy Marius a indiqué que l'Etat du Sénégal ne doit pas rester insensible. Pour lui, il appartient aux autorités de ce pays de pousser les héritiers de feu Idrissa Seydi traiter tous les travailleurs de la boîte avec dignité et payer toutes les indemnités de licenciement, en plus du respect du protocole d'accord signé en janvier dernier.

Malheureusement, il déplore un parfum de complicité et de corruption. "L'Etat ne peut rester sans rien faire, quasiment complice devant le sort de ces travailleurs qui vivent depuis 35 mois un drame social sans nom. Nous interpellons l'Etat du Sénégal. D'abord, parce que la Sigelec est une entreprise importante pour la souveraineté de ce pays. Il faut arrêter d'importer tout ou quasiment tout de l'extérieur (?). Il y a des Sénégalais qui ont de l'expertise pour fabriquer la pile électrique. Cette expertise-l, il ne faut pas la bazarder. Mais on ne cesse de se demander si l'Etat du Sénégal n'est pas complice de ce qui se passe dans cette entreprise. C'est ça la vraie question'', a-t-il fulminé sous les applaudissements nourris des travailleurs de la Sigelec venus prendre part au point de presse.

Revenant sur le pacte de stabilité sociale et d'émergence qui a été signé, dit-on, au profit des travailleurs de ce pays, Guy Marius Sagna a révélé que celui-ci est "tout simplement un pacte de compromission ou de corruption''. A son avis, ce pacte n'est pas profitable aux travailleurs qui continuent de vivre dans la souffrance, sous "le regard'' de son Etat.

Pour cette affaire de la Sigelec, il a dit toute la volonté du Frapp et de la plateforme Doyna d'engager le combat aux côtés des travailleurs jusqu' ce qu'on leur paie.

Le mutisme des centrales syndicales fustigé

Après avoir fini avec le régime du président Macky Sall, le membre fondateur du Frapp/France dégage s'est concentré sur les héritiers de feu Idrissa Seydi. Il les a appelés au sens de la responsabilité et tout faire pour "ressembler leur défunt père, en termes de valeur et de pratique patronale''. Les centrales syndicales ont également été cognées par Guy Marius Sagna. D'après l'activiste, c'est tout simplement "une honte'' de ne pas les voir aux côtés des travailleurs qui ont plus que jamais besoin d'elles, alors que cette situation les interpelle au plus haut point. De plus, a-t-il déclaré, la situation des travailleurs de la Sigelec montre encore une fois "leur faillite, leur compromission, collaboration et peut-être même, leur corruption''.

De l'avis de Guy Marius, il appartient aux organisations syndicales de porter ce combat. Pour tout corriger, il a invité Mody Guiro, Cheikh Diop et tous les autres syndicalistes sursaut, afin de régler, une bonne fois pour toutes, les problèmes que rencontrent les travailleurs dans plusieurs entreprises. "Le pacte de stabilité qu'elles ont signé avec l'Etat du Sénégal ne saurait signifier un pacte de compromission ou encore de silence'', a-t-il martelé. Pour sa part, le porte-parole du Collectif des travailleurs de la Sigelec a soutenu que ses camarades et lui sont prêts prendre leur destin en main. Même s'ils sont restés plus de 30 mois sans rentrer dans leurs fonds, Boubacar Sidy Diallo a précisé que le combat pour la "restauration de leur dignité'' va se poursuivre jusqu'au bout.

En chômage technique depuis janvier 2020 comme pour le reste du groupe, il a rappelé que la "situation devient de plus en plus intenable''. Cependant, il demande ses collègues de ne pas baisser les bras. D'ailleurs, Boubacar Sidy Diallo et ses camarades n'excluent pas de se rendre au domicile d'une des héritières de feu Idrissa Seydi, Dakar, pour y exiger le paiement des arriérés de salaire.

A rappeler qu'outre Guy Marius Sagna, les travailleurs de la Sigelec ont reçu le soutien de l'ancienne députée Hélène Tine, d'Abdoul Aziz Diop, le coordonnateur adjoint du forum civil, et de Saliou Ndiaye du mouvement Y en a marre. Tous ont pris part au point de presse des travailleurs de cette boîte.

GAUSTIN DIATTA (THIES)

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