VEHICULES, MATERIELS ET ENGINS BR›LES, ROUTE BARREE, ARRESTATIONS… : Explosion de colère Sabodola

VEHICULES, MATERIELS ET ENGINS BR›LES, ROUTE BARREE, ARRESTATIONS… : Explosion de colère Sabodola

Enqueteplus Le 2016-02-20  Source

Les populations de Sabodola expriment depuis trois jours leur colère dans la rue. Face aux déguerpissements répétitifs, les orpailleurs traditionnels ont riposté par une manifestation très violente, entraînant un bilan matériel très lourd et de nombreuses arrestations.

La «bombe minière» de Sabodala vient d'exploser. Comme pressenti, les populations des villages environnants ont fini par se rebeller pour faire face ce qu'ils qualifient d'injustice. Selon des témoignages, les sociétés minières qui exploitent les mines d'or de Sabodola viennent de passer trois chaudes journées. Les échauffourées ont éclaté mardi. Ayant découvert un nouveau site aurifère, les sociétés minières les en ont chassés.

Le déguerpissement de trop pour les orpailleurs traditionnels décidés ne pas accepter cette nouvelle "injustice'. Ils ont violemment manifesté. Selon les témoins contactés sur place, le bilan matériel est très lourd. Les manifestants ont brûlé la préfecture et cassé un véhicule de la gendarmerie. «Il y a eu neuf arrestations. Les prévenus se trouvaient jusqu' hier soir dans les locaux de la gendarmerie de Saraya», informe un témoin. Il renseigne que ce sont les gaz lacrymogènes jetés par les gendarmes pour disperser la foule furieuse qui ont mis le feu au domicile du préfet. Très remontés contre les exploitants industriels, les manifestants ont aussi brûlé plusieurs véhicules et du matériel appartenant ces sociétés.

«Les villageois ont découvert un site où il y a beaucoup d'or, dans une localité qui s'appelle Dioura. Quand la Société a eu l'information, ses sbires sont venus les chasser. Les orpailleurs voulaient réagir, mais ils ont laissé tomber. Ensuite, ils ont découvert un autre endroit plus riche en or, au croisement de Branchement. Après cette seconde découverte, la société est venue encore les chasser. C'est la raison pour laquelle ils se sont révoltés», explique un témoin par ailleurs employé d'une entreprise d'exploitation de l'or. Selon notre interlocuteur, la situation était prévisible, car les villageois sont laissés eux-mêmes. «Ils n'ont absolument rien», a-t-il expliqué hier, au téléphone d'EnQuête.

Dos au mur, les villageois de Sabodola ont lancé un signal fort aux sociétés d'exploitation d'or et l'Etat. Selon Mamadou Oudy Diallo, président de l'AssociationAlerte Kédougou environnement, ce dernier est le responsable principal de cette révolte des populations. Il soutient que les entreprises n'aident pas les habitants des localités concernées par les activités minières. « Sabadola n'a ni eau, ni électricité, au moment où les entreprises elles disposent de tout ça dans leur camp.

Voil pourquoi tous les villages environnants se sont rebellés pour dire non», déplore le défenseur de l'environnement. Il estime que ces manifestations violentes qui se sont passées dans le village de Naïmou révèlent un mal très profond. «Le problème est très grave. Le gouvernement ne joue pas son rôle. Parce qu'il faut reconnaître que les entreprises versent toutes les taxes qui les lient au gouvernement, mais ce dernier ne reverse pas les redevances la localité. On peut dire même que c'est l'Etat qui se bat contre sa propre population», déplore M. Diallo.

Après trois jours (mardi, mercredi et jeudi) de violentes manifestations, le calme est revenu hier soir. Selon nos contacts sur place, la gendarmerie a repris la main, même si la tension reste encore vive. «Après la destruction de plusieurs matériels appartenant aux entreprises minières, les camps sont restés fermés. Personne n'entre, ni ne sort. Ils ont eu détruire des véhicules et des logements. Hier (avant-hier), on devait aller en break (repos), mais les villageois ont barré la route. Ils ont brûlé une machine bulldozer Caterpillar qui a été louée une entreprise sous-traitant», a révélé un employé de société en conflit avec les populations sous le couvert de l'anonymat.

ABDOURAHIM BARRY (STAGIAIRE)

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