VILLE DE RUFISQUE : 1 563 décès en 2020 contre 1 374 en 2019

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Avec 189 décès de plus en 2020 par rapport à  2019, soit une hausse de 12,09 %, les statistiques de la ville de Rufisque témoignent de la précarité de la vie au Sénégal.  

 

Si, au niveau des cimetières de la ville de Rufisque, le constat n’est pas si alarmant, les chiffres issus des 4 centres d’état civil que compte Rufisque montrent une hausse sensible par rapport à  2019.

En effet, durant l’année écoulée, 1 563 décès ont été déclarés dans l’ensemble des centres d’état civil, contre 1 374 un an auparavant, soit une hausse de 189 décès.

Dans la commune la plus peuplée, Rufisque-Nord, le nombre global de personnes déclarées en 2020 a atteint un pic de 405 morts en 2020, soit une hausse de 92 personnes par rapport à  2019 (313 morts). Les niveaux les plus élevés de déclarations ont été enregistrés aux mois de juin et juillet. Même constat à  Rufisque-Ouest, o๠il est en registré une augmentation de 7 décès par rapport à  2019. Dans cette commune dirigée par le maire Alioune Mar, il a été déclaré 100 décès en 2020, contre 93 en 2019. Pour 2018, il a été noté 64 décès.

Si, dans ces deux premières communes, les chiffres ne sont pas si alarmants qu’on pouvait le croire, à  Rufisque-Est, par contre, le nombre de morts a plus que doublé en 2020 par rapport à  2019.

Selon les chiffres officiels de l’état civil, 173 décès ont été enregistrés en 2020, contre 77 un an auparavant. Mais, indiquent les mêmes sources, l’année 2019 a aussi été une exception, si l’on sait qu’il y a eu moins de déclarations qu’en 2018 (103 décès).

Par ailleurs, pendant que Rufisque-Est connaissait une explosion du nombre de déclarations, alors qu’il est constaté une hausse dans les trois »˜’communes d’arrondissement », la mairie-ville voyait une baisse de ses déclarations. Dans ce centre qui est le plus grand de la ville, il été dénombré 885 décès en 2020 contre 891 en 2019. Ce qui pourrait signifier que certaines populations qui avaient l’habitude de déclarer leurs morts à  la mairie ville, se sont rabattues sur les mairies des communes moins fréquentées.

L’équation des mort-nés

Selon le gérant du cimetière de Dangou, ce qui l’a le plus marqué et qui devrait attirer l’attention des autorités, c’est le nombre effrayant de mort-nés. »˜’Personne ne peut contester que le coronavirus existe. Mais, honnêtement, on ne sent pas beaucoup son impact sur le nombre d’enterrements. En tout cas pas dans ce cimetière. Par contre, dans le lot des enterrements que je t’ai communiqués, il y a une part importante de mort-nés. Je pense que cela mérite aussi la plus grande attention pour en saisir les causes », plaide-t-il.

Ce constat n’a d’ailleurs pas échappé à  la commune du ressort, la mairie de Rufisque-Nord (commune la plus peuplée de la ville de Rufisque). La responsable du service confirme : »˜’Il y a quelques mois, nous avons été à  un séminaire avec l’Agence nationale des statistiques et de la démographie (ANSD), qui menait une étude sur la question. Mais il faut reconnaitre que c’est un véritable problème de santé publique. Il y en a eu beaucoup en 2020. »

Pour en donner une idée plus précise, la bonne dame épluche les registres spécialement dédiés aux mort-nés. Ainsi, rien que pour les mois de juin, juillet et décembre, il a été enregistré respectivement 12, 18 et 15 mort-nés. Le même constat a été fait dans presque tous les centres d’état civil au niveau de la ville de Rufisque.

 MOR AMAR ET IBRAHIMA MINTHE (STAGIAIRE)

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