Violences en Guinée, Nigéria et Côte d'Ivoire: Cheikh Fall demande à l'UA et la Cedeao d'avoir le courage d'affronter les chefs d'Etat

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Le président et fondateur de Africtivistes, une organisation qui réunit des blogueurs et web-activistes du continent pour promouvoir et défendre les valeurs démocratiques, les droits humains et la bonne gouvernance à travers le numérique, Cheikh Fall, a demandé l'UA et à la Cedeao « d'être courageuses et d'aller affronter » les chefs d'Etat pour mettre fin aux violences en Guinée, au Nigéria et en Côte d'Ivoire.

«La lecture que je fais de cette situation est très simple selon moi. Aujourd'hui, on parle de le Guinée, du Nigeria et de la Côte d'Ivoire. Mais, il ne faut pas oublier que avant c'était la Gambie et récemment le Mali. Toute cette situation découle d'une conséquence à trois niveaux», a expliqué à PressAfrik, celui est reconnu comme le « roi de la blogosphère africaine ».

Le bloggeur croit savoir l'origine de ces violences en affrontements dans ces trois pays. «Le premier, c'est le manque d'écoute de la part des autorités africaines et ouest africaines. Les citoyens sont devenus plus exigeant qu'avant et plus regardant et ont beaucoup plus de demandes et de requêtes. Et ces demandes ne sont pas souvent prises en compte par les acteurs politiques. Ce qui les installe dans un climat d'incompréhension», a-t-il dit.

Selon lui, le deuxième point c'est le «manque de respect des Constitutions. Aujourd'hui, on peut sortir le Nigeria de ce lot, mais si on prend la carte ouest-africaine en regardant la situation en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Sénégal…., on se rend compte que les Constitutions sont un peu manipulées selon les ambitions personnelles où individuelles».

Le troisième point, dira M. Fall, «c'est ce déficit de culture républicaine. C'est le manque de loyauté par rapport au mandat, au respect des engagements et de la parole donnée. Ces trois ponts constituent aujourd'hui une forme de rupture par rapport à la manière dont les citoyens acceptaient de se faire gouverner».

A l'en croire, le sang continue de couler et la sécurité est menacée. «On est toujours là à chercher à relever des défis de démocratie, de suffrage universel, de bonne gouvernance et de vie en commun. Ce qui fait qu'on est toujours en retard par rapport aux défis économiques. Tant qu'on n'a pas réglé ce détail, on sera toujours là à la recherche de solution», a-t-il prévenu.

Interpellé sur le rôle des institutions internationales comme l'Union africaine et la CEDEAO, le bloggeur dira que sur un plan, elles ont fait leur devoir. C'est-à-dire dire qu'elles ont poussé les États à ratifier des chartes, à signer des conventions et à s'engager pour le respect des droits humains, de la démocratie et de la bonne gouvernance.

« Ce que les populations demandentà la Cedeao et à l'UA, c'est le courage d'affronter les chefs d'Etat »


Par contre, il estime qu'il faut se demander pourquoi ces États ne respectent pas les engagements qu'il faut signer. «Est-ce que l'Union africaine ou la CEDEAO devraient changer de fusil d'épaule et d'aller vers des institutions beaucoup plus sévères et impliquées dans la gestion et dans la résolution de conflit ? Au lieu de se contenter de faire des communiqués et de dénoncer. Aujourd'hui la demande elle est à ce niveau. Ce que la population africaine demande à ces organisations, c'est d'être beaucoup plus courageuses et impliquées en allant affronter ces autorités qui se disent démocrates alors qu'ils ne le sont pas pour les ramener à la raison ou trouver des solutions afin d'accompagner cette demande de plus de démocratie de la part des populations».

Pour lui, si les institutions devraient exister, elles doivent exister pour le bien des populations. «Ce qui se passe dans certains pays comme le Nigeria, c'est une demande populaire. Ce sont les citoyens qui sont sortis pour dénoncer quelque chose. Alors les institutions devraient se ranger derrière cette demande, car la population est assez mûre pour savoir ce qui l'arrange et ce qui ne l'arrange pas», a-t-il plaidé.

Pour terminer, il a rappelé aux gouvernants de ces pays qu'ils doivent respecter les institutions et engagements politiques signés auprès de l'Union africaine. «Par exemple la charte africaine de la démocratie des élections et de la bonne gouvernance. C'est tout simple. Quand on signe et qu'on s'engage, on se doit de les respecter. Il faut qu'ils acceptent d'instaurer une limitation des mandats présidentiels. Ça ne se limite pas à le notifier dans les Constitutions. Ils doivent rendre cela figé au point que personne ne peut venir changer cela. On ne peut que gagner plus de démocratie et de bonne gouvernance en instaurant une politique pareille», a conclu l'activiste.

Le Nigéria est marqué depuis mardi par une éruption de violence à travers tout le pays et particulièrement dans la mégalopole de Lagos. Dans cette grande ville, les forces de sécurité ont brutalement dispersé les jeunes qui manifestaient contre les violences policières, faisant plusieurs morts selon Amnesty International.

En Guinée, plusieurs personnes ont été tuées dans des heurts entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre, mercredi, à Conakry, trois jours après l'élection présidentielle guinéenne. Les résultats partiels, qui donnent Alpha Condé, le président sortant, en tête au premier tour, sont vivement contestés par son rival Cellou Dalein Diallo, qui revendique la victoire.

Et en même temps, en Côte d'Ivoire, au moins une personne a été tuée et plusieurs autres gravement blessées à Bonoua, ce lundi à l'est d'Abidjan. Cela fait suite à l'appel au boycott de l'opposition, qui conteste toujours la candidature d'Alassane Ouattara, qui se présente pour une troisième fois, après avoir promis qu'il n'allait pas le faire.

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