Wade-Madické: c'est loin d'être la fin
C'est loin d'être la fin Wade a ouvert le feu hier sur Madické Niang, un compagnon de longue date, à la surprise générale de tous les Sénégalais.

Bien sûr, comme pour Aida Mbodj et bien d'autres comme Pape Samba Mboup, Farba Senghor pour ne citer que ceux-là, on serait tenté de croire que c'est la fin du compagnonnage entre les deux amis.

Nous ne le pensons pas pour de nombreuses raisons. Il est en effet clair que Wade est dans tous ses états face à ce qu'il considère comme une trahison de la part de proches.

Il a même invoqué le Bon Dieu, tellement il se sent trahi. Donc, il peut être tenté de tourner définitivement le dos à Madické Niang.

Toutefois, à la réflexion, il peut se rendre compte que l'avocat n'est pas n'importe qui. Il dirige le groupe parlementaire libéral, accueillait le Pape du Sopi chez lui et reste dépositaire de nombre de secrets que Wade souhaite bien garder.

Lâcher un tel homme ne serait pas une bonne stratégie d'autant plus que le pouvoir veille au grain pour le récupérer. Mieux, le député n'est pas d'un tempérament belliqueux. Madické est un homme de compromis, de dialogue et de mesure.

Il ne va jamais suivre Wade dans cette dynamique de guéguerre à tout-va. Il s'y ajoute qu'il ne va jamais nourrir des ambitions politiques sur le dos de Wade.

Il ne va pas s'inscrire dans une dynamique de provocation et de rébellion comme les autres l'ont fait. Il va faire son mea culpa, même si, comme il l'a dit, il n'a rien fait.

D'ailleurs, les membres du groupe auteurs de la lettre auraient dû tous réagir pour le défendre, s'il n'est en rien mêlé à leur projet.

Au demeurant, les méditations vont certainement entrer en jeu. Surtout celle de Touba.

En effet, Madické est le «Monsieur Touba» de Wade. Or, le Pape du Sopi compte énormément sur la ville Sainte qui est d'ailleurs son bastion de reconquête du pouvoir par le truchement de son fils.

Alors, le Clergé mouride ne saurait en effet laisser pourrir les relations entre les deux. Dans tous les cas, la lettre incriminée ne contient en rien une trahison, même si Wade voit aujourd'hui des ennemis partout.

Les auteurs de la lettre n'ont fait que dire une vérité qui s'impose aujourd'hui à Wade : Si la candidature de Karim est hypothétique, autant se rabattre sur un autre, un plan B en quelque sorte, au risque de voir le parti exclu de la compétition.

En quoi ces propos peuvent-ils être assimilés à de la trahison' Le Parti démocratique sénégalais souffre manifestement d'une dictature interne, comme d'ailleurs la plupart des formations politiques chez nous. Wade y fait la pluie et le beau temps et n'est pas prêt à changer les choses.

Il considère le parti comme un patrimoine personnel et entend ainsi le léguer à son fils. C'est la perception de la politique et partant des rapports entre leaders et militants est démodée et contre-productive. Comme quoi, si Wade est vraiment bien inspiré, il doit garder Madické Niang.

Il a perdu trop de monde. Une hémorragie qui n'est pas prête à s'arrêter même si ce n'est pas toujours sa faute. L'autre conséquence de ce mode de gestion, c'est le doute qui s'installe dans la tête des militants et cadres, y compris les plus convaincus.

Parrainer un candidat fantôme est une démarche difficile. Or, pour réussir une campagne, il faut avoir confiance en soi, être bien organisé et bien préparé. Toutes choses qui manquent aujourd'hui au Pds.

Assane Samb

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