À Wuhan, les funérariums pris d'assaut sèment le doute sur le nombre de victimes du coronavirus

À Wuhan, les funérariums pris d'assaut sèment le doute sur le nombre de victimes du coronavirus

Seneweb Le 2020-03-31  Source

Les chiffres officiels sur le nombre de morts dus au coronavirus en Chine ont été remis en question par le média chinois Caixin. Il se base sur le nombre important de crémations dans les funérariums de la ville, épicentre du Covid-19, mais aussi sur les photos des files d'attente dans les crématoriums.

Les images des interminables files d'attente des habitants de Wuhan venus récupérer les cendres de leurs défunts dans les huit crématoriums de la ville sont venus semer le doute, lundi 30 mars, quant la transparence du gouvernement chinois. La Chine a-t-elle volontairement minimisé le nombre de morts dus la pandémie de Covid-19 dans le pays ?

Sur les réseaux sociaux chinois, la polémique enfle. Selon les chiffres officiels, 2 535 personnes sont mortes du coronavirus Wuhan, et 3 295 dans toute la Chine. Certains médias chinois, dont le site économique Caixin, dénoncent un mensonge d'Etat.

Une enquête basée sur l'activité des crématoriums de Wuhan

Ses journalistes ont fait un calcul en se basant sur le nombre d'heures d'activité du funérarium du quartier de Hankow Wuhan durant le mois de février. Celui-ci a fonctionné 19 heures par jours pendant 29 jours. D'après leur décompte, quelque 16 530 incinérations ont eu lieu durant le mois écoulé, rien que dans cet établissement, ce qui contraste avec les chiffres officiels chinois.

Plusieurs experts s'accordent dire que le bilan des autorités chinoises a bien été sous-évalué. Sur Europe 1, le professeur émérite de microbiologie et ancien directeur de l'Institut Pasteur, Patrick Berche, s'étonne du nombre peu élevé de victimes. "On a beaucoup de mal croire qu'un pays, même avec des mesures de confinement, ait si peu de morts", a-t-il estimé dimanche.

D'après le Dr Phillipe Klein, médecin français basé Wuhan, interrogé par France 2, "il y a toujours une volonté des pouvoirs publics de maîtriser des chiffres qui peuvent être 'péjoratifs' pour l'image de marque d'un pays ou faire peur la population". Faisant un parallèle avec la France : "Actuellement nous ne comptabilisons pas les personnes âgées qui décèdent dans les EPHAD [dans le bilan des morts du Covid-19]", a souligné l'expatrié.

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