Zimbabwe -Gideon Chitanga: «Des réformes économiques sont indispensables»

Zimbabwe -Gideon Chitanga: «Des réformes économiques sont indispensables»

Lepoint Le 2018-08-09  Source

Pour la première fois depuis40ans, les affiches électorales l'effigie de Robert Mugabe ne couvraient pas les murs des villes du Zimbabwe. Pourtant, l'issue d'un scrutin émaillé de violences, le doute est palpable chez la population et au sein des instances internationales quant une stabilité nationale et une ouverture tant promise par Emmerson Mnagagwa, président de la transition fraîchement élu avec 50,8% des voix. En effet, la répression et les tensions constatées ces derniers jours ont un goût de déj-vu. L'espoir suscité auprès des Zimbabwéens par la chute du «Camarade Bob» a du plomb dans l'aile. Celui des investisseurs étrangers également. Et le Zimbabwe a pourtant bien besoin d'eux.

Car si le pays comporte de nombreux atouts, dans les domaines de l'énergie et de l'agriculture notamment, le contexte politique a depuis longtemps freiné l'émergence d'une pleine croissance économique. Une course laquelle se sont lancés pourtant de nombreux pays sur le continent. Gideon Chitanga, analyste au centre sud-africain de réflexion Political Economy Southern Africa (PESA), décrypte pour Le Point Afrique les défis qui attendent le pouvoir en place.

Le Point Afrique: Le vote pour l'élection présidentielle a été entaché de tensions et de violences dans plusieurs régions du pays. Une manifestation de l'opposition réprimée par l'armée a même causé la mort de six personnes. S'attendait-on de telles violences pour la première élection «libre et transparente» du pays depuis la fin de l'ère Mugabé

Gideon Chitanga: Deux périodes bien distinctes se sont succédé lors de cette élection présidentielle. Pendant la campagne, il n'y a pas eu de manifestations de violences, de tensions. Je pense que le contexte de terreur insufflé par Robert Mugabe pendant des décennies y est pour quelque chose. La peur d'une suspicion, la crainte d'être «du mauvais côté» a contraint les Zimbabwéens assister cette campagne de loin. Sans vraiment y participer. Une situation qui a basculé juste après la promulgation des premiers résultats du scrutin, qui lui s'est déroulé dans le calme. La réaction des autorités est, mon sens, déplorable. Et c'est un très mauvais signal envoyé la communauté internationale, de la part d'un pays qui avait assuré des élections libres. Les militaires ont réagi, «officiellement» pour rétablir l'ordre. Mais il y a eu des dérives. Même les habitants d'Harare, qui se promenaient simplement dans la rue, étaient en danger.

Justement, le lien que le pouvoir entretient avec le corps militaire est-il le même que sous Robert Mugabé

L'institution militaire est exactement la même que sous Mugabe, donc le lien qu'elle a avec les autorités est peu de choses près identique. Ce qui est différent aujourd'hui, c'est la stratégie politique dont use l'armée. Le général Constantino Chiwenga n'a pas la même visibilité que sous l'ancien président, mais il a toujours de l'influence dans la sphère politique, et surtout beaucoup de pouvoir. Il est vice-président du Zanu PF, et surtout l'ancien commandant des Forces de défense du Zimbabwe a été nommé vice-président de la République par Emmerson Mnangagwa, en décembre dernier. Son lien étroit avec le président et l'influence qu'il conserve encore sur le corps militaire le place en première ligne des acteurs de la répression des manifestants.

Maintenant que l'élection est terminée, quel va être le rôle de l'opposition' Pourra-t-elle se faire entendre sous la présidence......

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