Gabriel Basse, Malick Ndongo, Assane Sagne: Interrogations autour la santé mentale des hommes en uniforme

Gabriel Basse, Malick Ndongo, Assane Sagne: Interrogations autour la santé mentale des hommes en uniforme

Buzzsenegal Le 2019-12-12  Source

Horrible ! C'est le qualificatif qui sied pour décrire la scène. Gabriel Basse, 35 ans, policier, s'est donné la mort en se plantant plusieurs coups de ciseaux en plein jour au cœur du marché Sandaga (Centre-ville de Dakar). D'après des renseignements obtenus par Seneweb, il souffrait de troubles mentaux. Un drame qui relance du coup le débat sur la santé mentale des hommes en uniforme, au Sénégal. Car, faut-il le rappeler, le suicide du jeune policier Basse est le dernier d'une longue liste. Et aucun corps militaire comme paramilitaire n'est épargné.

On se rappelle le cas Cheikhou Sakho, du nom du chef de la brigade des douanes de l'Aibd (aéroport international Blaise Diagne) qui avait été retrouvé mort dans sa voiture dans la nuit du jeudi au vendredi 5 octobre 2018. Au terme de l'enquête qui faisait de sa première femme avec qui il venait de divorcer, la principale suspecte, la thèse du suicide a été établie.

Quelques mois auparavant, le 21 mai 2018 précisément, un autre "homme de tenue", cette fois-ci un maréchal de logis (Mdl) de la gendarme du nom de Maguette Mbaye, 55 ans, qui servait la caserne Samba Diéry Diallo de Colobane, s'est lui-aussi suicidé. Le scénario est horrible. Le lundi 21 mai 2018 16 heures, en plein mois de Ramadan, Maguette Mbaye conduit sa voiture jusqu' la cité Lobatt Fall de Pikine, se gare et se tire une balle dans la bouche. Le coup de feu avait alerté les passants. L'enquête avait révélé que Mbaye souffrait, lui-aussi, de troubles psychiques.

Le 30 octobre 2012, vers 11 heures, le policier Assane Sagne se tire une balle dans la tête. Les faits se sont déroulés dans les locaux du commissariat de police des Parcelles assainies où il servait. La première version faisait état d'un suicide suite une altercation avec son supérieur hiérarchique mais elle sera battue en brèche par les éléments de l'enquête qui indiquent qu'Assane Sagne «souffrait depuis quelques années d'un terrible handicap qui l'avait d'ailleurs confiné des tâches administratives au service des contraventions ».

L'armée nationale, elle non plus, n'est pas épargnée par les cas de suicide. Le lundi 7 novembre 2011, c'est avec embarras que la grande muette annonce le suicide du soldat El Hadji Malick Ndongo qui s'était tiré une balle au ventre, la veille de la fête de Tabaski. D'après les autorités militaires, le soldat Ndongo retrouvé mort, baignant dans une mare de sang après un coup de feu retentissant provenant de son cantonnement, souffrait de « stress ». Une Thèse que la famille a totalement réfutée.

« El hadji Malick Ndongo ne s'est pas suicidé. Tout ce qui se raconte n'est que mensonge. Malick était un garçon pieux. Lorsqu'il était en séjour Thiès, il ne ratait jamais une heure de prière. Mon fils a reçu une bonne éducation religieuse. Il n'est pas du genre des individus qui se suicident. Ce n'est pas honnête de véhiculer l'information selon laquelle El Hadji Malick Ndongo s'est suicidé », fulmine son père. Malgré les vives contestations de la famille, la thèse officielle a été celle du suicide dû au stress.

Des cas devenus récurrents et qui méritent qu'on s'y attarde. Pour que le suicide évoqué chaque drame ne soit pas l'arbre qui cache la forêt d'un malaise profond, d'un mal-être qui décime sans bruit les rangs des personnes affectées la sécurité des Sénégalais.

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