Attention ! Ne brûlons pas Saint-Louis ! Par Louis CAMARA, citoyen de Ndar

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Culture

Une ville c’est bien sûr d’abord un site géographiquement localisé, mais c’est aussi, c’est surtout une histoire, une culture, un patrimoine qui se sont constitués et cristallisés au fil d’une période de temps plus ou moins longue. Ce sont ces éléments qui ; pris ensemble, façonnent l’identité d’une cité et donnent corps aux symboles par lesquels elle se reconnaît.

Parmi ces symboles il y a évidemment les noms des rues, avenues et édifices publics, choisis en fonction de leur représentativité et de leur légitimité établies de manière consensuelle par les citoyens. Étant l’émanation de la volonté de ces derniers qui se les sont tacitement appropriés, ces symboles touchent donc forcément à leur sensibilité profonde car ils sont des éléments structurants de leur personnalité.

Dès lors, il convient de traiter avec tact, respect, mais aussi de vraies précautions méthodologiques et en toute connaissance de cause tout ce qui touche au passé, à la mémoire, à l’histoire d’une ville comme Saint-Louis. La plus grande prudence s’impose pour aborder des questions aussi sensibles, délicates. Mais cela ne devrait en principe pas poser de problèmes majeurs car il existe dans cette ville une ressource intellectuelle de qualité. Il ne manque pas d’esprits éclairés, d’érudits, d’historiens chevronnés, natifs ou non de la vieille ville, auxquels il serait judicieux d’associer à cette délicate t'che qu’est le baptême des artères et édifices publics.

L’expertise, reconnue de tous, de ces « baptiseurs » qui seraient la cheville ouvrière des commissions officiellement désignées par la commune permettrait sans doute d’éviter de tomber dans ces errements et dérives teintés d’agressivité auxquels nous assistons ces jours derniers.             

De gr'ce, évitons de commettre certaines maladresses et sachons reconnaître nos erreurs lorsqu’elles sont par trop évidentes et deviennent source de polémiques. Il est impératif, surtout lorsqu’on se situe à un certain niveau de responsabilité, de savoir faire preuve de retenue, d’humilité et se souvenir que nous sommes tous impliqués dans la gestion démocratique et citoyenne de notre ville. Ce n’est qu’à ce prix que nous pourrons arriver à ce consensus minimal autour de l’essentiel, c’est-à-dire de ce « commun vouloir de vie commune » dans la paix, la sécurité et la dignité.                                      

Saint-Louis, Ndar, est une ville magnifique, chargée d’histoire, riche d’une culture plurielle et multiséculaire et que l’on n’hésite pas à comparer aux plus belles villes d’eau du monde. Elle est le joyau de la couronne du Sénégal et nous n’avons aucunement le droit de la brûler. Nous le regretterions tous. Ceux qui seraient tentés de le faire seraient comptables devant l’histoire et n’échapperaient pas au jugement de la postérité ni au bl'me des générations futures. Ressaisissons nous donc tous et sachons raison garder.

Louis CAMARA, Citoyen de Ndar
Écrivain, Grand prix du président de la république pour les lettres,
Lauréat de la Fondation Léopold Sédar Senghor        

 

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