ACCES AUX SERVICES FINANCIERS : 4,85 millions d’adultes au Sénégal encore hors système

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Economie

 

Environ 4,85 millions d’adultes au Sénégal n’ont toujours pas accès aux services financiers, tels que les comptes bancaires ou d’épargne, les assurances, les prêts, les retraites ou les méthodes de paiement numériques.

 

La crise de la Covid-19 a souligné l’importance des services financiers pour aider les communautés vulnérables à  gérer les chocs, à  assurer une nutrition adéquate et à  aider les petites et moyennes entreprises à  rester à  flots. Dans un communiqué transmis hier à  »˜’EnQuête », les services du ministère des Finances et du Budget soulignent que les pays dotés d’écosystèmes avancés de services financiers numériques ont été en mesure de réagir plus efficacement. Cela comprend l’extension des programmes de transfert d’argent d’urgence qui reposent sur des portefeuilles mobiles ou des comptes bancaires. Ainsi que la promotion des paiements électroniques entre les particuliers, les gouvernements et les entreprises, et la promotion de l’accès au crédit pour les entreprises.

La même source indique que selon le Global Findex 2017 de la Banque mondiale, 42 % des adultes au Sénégal ont accès à  des services financiers formels, soit par le biais d’une banque traditionnelle ou d’une autre forme d’institution financière. Ce qui représente une augmentation par rapport au précédent Findex en 2014, o๠le pourcentage d’adultes au Sénégal avec des comptes financiers était de 15 %. Cela illustre également, selon le communiqué, une »˜’augmentation substantielle » par rapport au Findex de 2011, o๠seulement 6 % de la population sénégalaise avait des comptes.

»˜’Malgré cette augmentation, environ 4,85 millions d’adultes au Sénégal n’ont toujours pas accès aux services financiers tels que les comptes bancaires ou d’épargne, les assurances, les prêts, les retraites ou les méthodes de paiement numériques. Cela limite leurs possibilités de développement. Les personnes les plus touchées sont celle qui vivent dans la pauvreté, les femmes, les petites entreprises individuelles et les groupes des zones rurales reculées, tous des segments mal desservis qui sont au cÅ“ur du programme de l’UNSGSA », révèle le document.

Adapter les réglementations pour mieux protéger la confidentialité

La tutelle précise que l’écart entre les sexes pour l’inclusion financière reste »˜’un défi permanent » au Sénégal, o๠38 % des femmes ont un compte contre 46 % des hommes, selon le dernier Findex (2017). Alors que la Fintech offre une gamme d’options pour des méthodes bancaires simples, via les téléphones mobiles, pour les groupes mal desservis.

Parallèlement, le communiqué souligne que les réglementations pourraient être adaptées pour »˜’mieux protéger » la confidentialité et »˜’garantir » la sécurité et l’efficacité.

Il convient de relever que ce communiqué a été envoyé dans le cadre de la visite virtuelle, les 19 et 21 janvier 2021, dans le pays de la reine Mà¡xima des Pays-Bas, en sa qualité de conseillère spéciale du secrétaire général des Nations Unies pour la finance inclusive pour le développement (UNSGSA). D’après la même source, tout au long de ce rendez-vous virtuelle, l’UNSGSA s’adressera aux dirigeants des secteurs public et privé, et organisera une table ronde avec des partenaires au développement internationaux et des représentants du secteur des technologies financières.

»˜’L’Afrique est une priorité pour le travail de l’UNSGSA. Sa Majesté s’est engagée avec de nombreux pays à  travers le continent, pour promouvoir des sujets de finance inclusive au fil des ans, y compris une visite au Sénégal (2011) ainsi que des visites en Afrique du Sud, en Egypte, en Ethiopie, au Kenya, au Liberia, au Mali, au Nigeria, au Rwanda et en Tanzanie. L’UNSGSA collabore avec le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, et Melinda Gates, Coprésidente de la fondation Bill & Melinda Gates, pour faire progresser les services financiers numériques pour les femmes à  travers l’Afrique », rappelle le document.

Pour sa part, l’Etat du Sénégal, conscient des enjeux de l’inclusion financière, a entrepris, d’après la tutelle sous la responsabilité du ministère en charge des Finances, l’élaboration d’une stratégie nationale d’inclusion financière qui a été soumise à  l’adoption des autorités nationales. Un document qui tient compte des leviers importants que constituent la microfinance, la digitalisation, la diversification des produits et des canaux de distribution, de l’éducation financière et de la protection des consommateurs.

»˜’L’évolution du secteur financier souhaité, afin de permettre un large accès des populations défavorisées (les femmes, les jeunes, les populations rurales et les petites et moyennes entreprises) aux services financiers de base, nécessitera un renforcement du cadre réglementaire, une extension du réseau et des infrastructures numériques. En outre, la mise en Å“uvre de la stratégie Sénégal numérique 2025 servira de support à  l’utilisation accrue des services financiers, y compris les paiements », note le ministère.

Sur ce dernier point particulier, il est rappelé que le ministère des Finances et du Budget a engagé un vaste chantier de digitalisation de ces procédures depuis 2015, qui s’est traduit par l’automatisation des versements de salaires, des pensions, la distribution des bourses d’étudiants par carte bancaire. Mais aussi la connexion aux systèmes de paiements régionaux et les mises en ligne d’une plateforme de traitement des procédures fiscales.

»˜’La finalisation de ces travaux devrait aboutir à  une mise à  la disposition des usagers et des contribuables d’une large gamme de moyens de paiement et de versement (virement, transfert d’argent, carte bancaire, monnaie électronique, etc.) », relève le document.

MARIAMA DIEME

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