ENGAGEMENTS DU CONSEIL DES MINISTRES DECENTRALISE A DIOURBEL : Un taux d'exécution de 76%

Diourbel a abrité, le 26 juillet 2012, le 3e Conseil des ministres délocalisé. La rencontre, présidée par le président de la République, avait adopté le document issu du Conseil interministériel tenu la veille. Sept années après, l'heure est l'évaluation de l'état d'exécution des engagements pris.

La rencontre, présidée mardi passé par le gouverneur, a permis de constater que le total des investissements disponibles est de 140 265 000000 F Cfa, le taux d'exécution est de 76 % et que moins de 3 milliards ont été investis par année dans la région. Les investissements des collectivités territoriales sont très faibles. Ceux des départements de Diourbel et de Bambey sont de 1 723 675335 F Cfa, soit moins de 1 %. Alors que les investissements des collectivités territoriales du département de Mbacké sont inconnus.

La présentation du rapport de synthèse régional de la conférence territoriale a donné lieu plusieurs contestations de la part de participants, du fait des limites du rapport présenté. En 2019, 28 projets sont réalisés, 17 en cours de réalisation, soit un total de 45 avec un taux d'exécution physique de 76 %. Sur les 59 engagements pris lors du Conseil des ministres décentralisé du 26 juillet 2012, 14 n'ont pas été réalisés, a révélé le document présenté par le comité technique chargé d'actualiser les données et de faire la synthèse du rapport régional de la conférence territoriale. Lequel rapport sera envoyé au niveau national.

A ce jour, le niveau d'exécution financière de l'enveloppe de 209 milliards prévue est de 110985500343 F Cfa, soit un taux de 53,10 %. Prenant part la rencontre, El Hadj Ba, le maire de la commune de Kael, par ailleurs secrétaire général de l'Association des maires du département de Mbacké, a déploré les insuffisances notées dans le rapport. "Je suis au regret de constater que vous avez mentionné la réalisation du forage de Kael, alors que tel n'est pas le cas.Pour le département, il n'y a pratiquement pas d'investissement. Je voudrais que s'il y a de nouveaux investissements, qu'on les oriente vers ce département''.

Intervenant dans le même sillage, Demba Diouf, le directeur régional du Développement communautaire, a dit être resté sur sa faim. "Il fallait rechercher les inégalités territoriales au niveau des arrondissements, mais aussi désagréger les chiffres au niveau des communes pour voir les niveaux de développement dans chacune d'elle''.

A sa suite, le secrétaire général du Conseil départemental de Bambey a demandéla construction des sièges des conseils départementaux de Bambey et de Mbacké. "Il faut aussi que le centre de santé de Bambey, comme l'a mentionné le rapport, soit érigé en hôpital de niveau 1, parce que c'est une vieille doléance. Avec la démographie galopante de la commune, c'est devenu une urgence'', a-t-il plaidé.

A cette rencontre où la quasi-totalité des maires a brillé par son absence, le docteur Mame Diarra Ndiaye, Chef du Service régional de l'élevage, a plaidé pour la réhabilitation des aires d'abattage dans les huit arrondissements, plus celui de la commune de Mbacké qui est dans un état de vétusté avancé. "Il serait souhaitable de construire un abattoir dans la commune de Bambey'', selon lui.

Abondant dans le même sens, le préfet du département de Bambey a demandé aux rédacteurs de mieux prendre en compte la dimension "équité territoriale''. Il faut, son avis, "exploiter les rapports remis''. Il y a aussi "la demande de la réalisation des routes Bambey - Baba Garage - Mekhé, Bambey - Gawane - Thieytouqui ne figurent pas dans le document''. Pour son collègue de Diourbel, aussi bien dans le fond que dans la forme du document, il y a des choses revoir. Il y a nécessité de faire la différence entre les investissements faits par rapport au Conseil des ministres décentralisé et les nouveaux programmes de l'Etat du Sénégal.

S'inscrivant dans le même sillage, Ibrahima Dème, le directeur de l'Union régionale des coopératives agricoles de Diourbel, asuggéré l'implication des organisations de producteurs. Sur ces imperfections, Ibrahima Ndong, Chef du Service régional de la planification, dira, la décharge des membres du comité de rédaction dont il fait partie, que "la faute incombe, en grande partie, aux rédacteurs sectoriels pour n'avoir pas mis (notre) disposition les informations''.

"Il faut changer de paradigmes''

Pour le représentant du ministre de l'Intérieur, "il faut changer de paradigmes. Depuis 2016, l'accent est mis sur les engagements pris lors des conseils de ministres décentralisés. Il faut penser "comment faire pour que les conférences territoriales survivent après la fin des engagements. Il faut aussi davantage être synthétique et mettre l'accent sur les recommandations les plus prégnantes. Le ministère du Développement communautaire doit prendre connaissance de ce document''.

Clôturant les travaux, Gorgui Mbaye, le chef de l'Exécutif régional, est revenu sur l'importance de cet exercice: "Au terme de cette rencontre, nous estimons que l'activité économique est assez dynamique, soutenue par l'Etat et les partenaires au développement. Nous sortons avec un grand espoir, puisque nous avons un résultat positif par rapport l'année dernière. Le taux d'exécution de 76 % est plus que satisfaisant. On a même doublé les résultats. Nous sommes dans une bonne dynamique et nous espérons que l'année prochaine, on va enregistrer une accélération des investissements. Ce qui va se traduire par une accélération de l'économie. Nous prendrons compte de toutes les critiques, de tous les griefs.''

C'est en 2016, lors du Conseil des ministres du 14 septembre, que le président de la République avait donné des instructions aux gouverneurs d'organiser des conférences territoriales d'évaluation des programmes d'investissement de l'Etat. Mieux, en 2017, afin de consolider les acquis de la première édition de la conférence territoriale, le chef de l'Etat avait instruit le Premier ministre d'alors de procéder l'actualisation de l'état de mise en oeuvre des programmes prioritaires d'investissement publics, en relation avec les autorités administratives. En 2018, la conférence territoriale qui, jusque-l, était exclusivement organisée au niveau départemental et régional autour des préfets et du gouverneur, sera davantage "déconcentrée'' jusqu'au niveau communal.

Cette démarche, qui se veut inclusive, permettra de mesurer, dans chaque commune de la région, le niveau d'intervention de celle-ci, de l'Etat et des organismes qui l'appuient dans ses efforts.

BOUCAR ALIOU DIALLO

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