GRANDE MURAILLE VERTE : La Bad engagée à  mobiliser environ 3»¯508 milliards de F CFA sur 5 ans

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Economie

 

La Banque africaine de développement (Bad) s’est engagée à  aider à  mobiliser jusqu’à  6,5 milliards de dollars américains sur cinq ans, environ 3»¯508 milliards de F CFA, pour faire progresser la Grande muraille verte. L’annonce a été faite hier, lors d’un forum co-présidé par le président français Emmanuel Macron et le prince de Galles, le Prince Charles, en marge du One Planet Summit.

 

La Grande muraille verte, dans la région du Sahel, a reçu, un appui majeur de la part de la Banque africaine de développement (Bad). D’après un communiqué de l’institution financière africaine, la Bad s’est engagée hier, lors d’un forum en marge du One Planet Summit co-présidé par le président français Emmanuel Macron et le prince de Galles, le prince Charles, à  aider à  mobiliser jusqu’à  6,5 milliards de dollars américains, soit 3»¯508 milliards de F CFA sur cinq ans, pour faire progresser cette initiative historique. Ces ressources permettront de mettre en Å“uvre une série de programmes de soutien à  la Grande muraille verte, en s’appuyant sur des sources de financement internes et externes, entre autres, le Fonds des énergies durables pour l’Afrique (Sefa), le Fonds vert pour le climat (FVC) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM).

D’après le document, des partenaires multilatéraux de développement se sont joints à  la banque, à  cette occasion, pour aider à  mobiliser un financement en faveur de cette initiative promue par l’Afrique.  Celle-ci vise à  restaurer les paysages désertiques actuels de l’Afrique, en assurant la sécurité alimentaire, en créant des emplois et en incitant des millions d’Africains, du Sénégal à  Djibouti, à  rester dans la région du Sahel.

»˜’Au moment o๠nous remontons la pente face au coronavirus et à  ses répercussions sur notre monde, nous devons réajuster notre modèle de croissance. Nous devons prioriser la croissance qui protège l’environnement et la biodiversité, et cesser de privilégier celle qui compromet notre bien commun », affirme le président de la Bad Akinwumi A. Adesina.

S’exprimant en visioconférence depuis Abidjan, Adesina a estimé que la Grande muraille verte fait partie du système de défense de l’environnement en Afrique. Pour le patron de la Bad, elle constitue »˜’un bouclier » contre les assauts de la désertification et de la dégradation de l’environnement. Et l’avenir de la région du Sahel en Afrique dépend de la Grande muraille verte. Sans elle, il pense que le Sahel »˜’risque de disparaître » sous l’effet du changement climatique et de la désertification.

Il faut noter que le changement climatique est la cause de températures extrêmes, de précipitations fluctuantes et de la sécheresse au Sahel. Une région oà¹, d’après le communiqué de la Bad, vivent 250 millions de personnes dans dix pays, dont les moyens de subsistance et les progrès »˜’durement acquis » en matière de développement sont »˜’menacés ».

Pour rappel, le plan de la Grande muraille verte consiste à  planter une mosaà¯que d’arbres, de prairies, de végétation et de plantes sur 8 000 km de long et 15 km de large à  travers le Sahara et le Sahel. Ceci pour restaurer les terres dégradées et aider les habitants de la région à  produire une nourriture adéquate, à  créer des emplois et à  promouvoir la paix. »˜’La Grande muraille verte est un mur qui vaut la peine d’être construit. Un mur qui rassemble les populations et non un mur qui les sépare. Un mur qui met à  l’abri et non un mur qui isole. Un mur qui protège notre existence collective. Un mur pour l’environnement, un mur pour la planète », dit M. Adesina.

Le manque de financement, la principale contrainte du projet

Cependant, il est souligné, dans le communiqué, que le manque de financement a représenté la principale contrainte du projet pour réaliser son objectif de créer 10 millions d’emplois, séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées dans les onze pays de la région sahélo-saharienne.

Ainsi, la banque a fait de la région du Sahel une priorité absolue, en matière d’investissement et de mobilisation de nouvelles sources de financement pour faire progresser les opportunités climatiques de l’Afrique. C’est le cas du programme »˜’Desert to Power » destiné à  créer la plus grande zone d’énergie solaire au monde. Ce projet fournira de l’électricité à  250 millions de personnes dans onze pays du Sahel et contribuera à  protéger la Grande muraille verte. Au cours des cinq prochaines années, »˜’Desert to Power » s’attellera à  mobiliser jusqu’à  deux milliards de dollars américains, environ 1»¯080 milliards de francs CFA, pour des projets ciblés dans le cadre de l’initiative de la Grande muraille verte.

Le communiqué renseigne également que le manque de ressources pour adapter les économies de la région aux conséquences du changement climatique, représente également un des principaux défis de développement du Sahel. Le Centre mondial sur l’adaptation (GCA en anglais), hébergé par la Banque africaine de développement, vise, dans ce sens, précisément à  mobiliser des ressources et trouver des solutions qui stimulent les progrès de l’Afrique en matière d’adaptation au changement climatique.

»˜’La création de GCA Afrique marque une étape cruciale dans notre tentative pour accélérer et renforcer nos efforts visant à  relever le triple défi de la perte de la biodiversité, de la dégradation des terres et de l’adaptation au changement climatique sur le continent. Nous développerons et mettrons en Å“uvre des programmes conjoints qui mobiliseront des ressources à  grande échelle pour soutenir la Grande muraille verte », indique le vice-président de la Bad chargé de l’Energie, du Changement climatique et de la Croissance verte, Kevin Kariuki.

Pour relever le challenge de l’agriculture africaine et transformer le Sahel en une terre d’opportunités et de croissance verte inclusive, la Bad a mis en place une autre initiative clé. Il s’agit du programme Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique (TAAT). Son objectif est d’augmenter la production alimentaire en Afrique de 100 millions de tonnes et de sortir 40 millions de personnes de la pauvreté, d’ici à  2025, en exploitant des technologies éprouvées à  fort impact pour accroître la productivité, atténuer les risques et promouvoir la diversification et la transformation. TAAT a, par exemple, permis aux agriculteurs soudanais d’avoir accès à  un maà¯s résistant à  la sécheresse.

Adesina nommé »˜’Champion de la Grande muraille verte »

Il ressort aussi du document de la Bad que dans une déclaration solennelle, le président français Emmanuel Macron a nommé, hier, le président Akinwumi A. Adesina comme »˜’Champion de la Grande muraille verte ». »˜’Adesina a été reconnu pour son engagement personnel dans la lutte contre le changement climatique en Afrique. Cette distinction permettra au président de la Bad de jouer un rôle important dans la mobilisation du soutien politique et économique en faveur de l’initiative », lit-on dans le communiqué.

La même source informe que d’autres engagements ont été pris au cours du forum, parmi lesquels 1 milliard d’euros de la Banque européenne d’investissement (BEI), environ 539 milliards de francs CFA, pour un nouvel appui financier et technique à  l’agriculture durable, au financement de l’énergie propre, à  l’eau, aux infrastructures et au secteur privé dans 11 pays du Sahel. Mais aussi 600 millions d’euros, plus de 323 milliards de francs CFA de l’Agence française de développement (AFD).

MARIAMA DIEME

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