REOUVERTURE DES CLASSES : Macky Sall fait machine arrière

Les acteurs de l'éducation étaient tous mobilisés pour assurer un bon redémarrage des cours, malgré leurs appréhensions confiées "EnQuête''. Hier, le chef de l'Etat a décidé de surseoir la réouverture des classes, sans fixer une nouvelle date.

La réouverture des classes était prévue aujourd'hui. Enseignants, parents et élèves, autorités administratives, chefs d'établissement, partenaires sociaux étaient pourtant mobilisés pour cette rentrée. Mais hier, le chef de l'Etat a fait machine arrière, en repoussant cette réouverture des classes une date ultérieure. Il semble avoir écouté les mises en garde des parents d'élèves. "Si un seul élément manque, nous allons dire aux parents de garder leurs enfants la maison pour non-respect du protocole sanitaire", avait prévenu le président de l'Union nationale des parents d'élèves et étudiants du Sénégal Abdoulaye Fane.

Il soulignait que son point de vue allait en droite ligne avec celui du ministre de l'Education nationale Mamadou Talla, qui avait indiqué : "S'il n'y a pas un comité de suivi, s'il manque un seul élément qui est dans le protocole dans un établissement quelconque au Sénégal, que ça soit dans les villes, villages et hameaux, que l'inspecteur de l'éducation et de la formation, l'inspecteur d'académie ou le directeur d'école ferment instantanément cette salle ou école, parce que la santé n'a pas de prix. Dans le protocole sanitaire, poursuivait le ministre, il est inscrit une dotation de 3 masques lavables par personne (élève, enseignant, personnel administratif, technicien de surface). Le port obligatoire par tous de masque en tissu normé. Mise en place de dispositifs de lavage des mains PM (2 par classe) et GM (1 pour 100 élèves). Distanciation physique : un élève/table et les tables doivent être distantes d'un mètre 1m5''.

Mamadou Talla soulignait aussi qu'il est prévu un dispositif sanitaire dans l'école, qui est l'affectation de chaque école une structure de santé ; l'identification d'un endroit aéré et discret pouvant permettre d'isoler un éventuel cas suspect et qui pourrait aussi servir de box de prélèvement ; une formation du personnel administratif, des enseignants et du personnel d'appui sur les procédures (capsules, vidéos disponibles) qui sera axée sur l'utilisation des masques, le lavage des mains, la gestion des déchets et sur le nettoyage.
Abdou Faty : "Le gouvernement a ouvert la boite de Pandore''
Tout ceci ne sera pas vain, mais le président de la République a décidé de surseoir cette réouverture des classes, parce que des enseignants ont été testés positifs Ziguinchor. Ainsi, aux yeux des autorités, c'est le principe de précaution qui prévaut. Mais, selon le secrétaire général du syndicat des enseignants libres du Sénéga/Authentique, Abdou Faty, il n'en est rien ; c'est l'Etat qui s'est rendu compte qu'une reprise n'était pas possible. "Le recul du gouvernement ne nous a pas surpris. Par rapport la feuille de route, nous avions, en tant qu'organisation syndicale, travaillé avec le gouvernement qui, un certain moment, a pensé que l'école est de son ressort exclusif, l'école n'est pas cogestion et ne nous a plus consultés, malgré que l'on devait relever deux défis majeurs : celui de la mobilité et des gestes barrières. La conséquence est l : en pilotant seul, les enseignants se sont retrouvés au terminus Liberté 5, laissés en rade. Ils ont passé la nuit la belle étoile, dans beaucoup de départements. Les enfants qui doivent faire les examens sont laissés en rade, dans les écoles''.
Le syndicaliste ne s'en limite pas l. "Par rapport au protocole sanitaire, poursuit-il, il y a beaucoup de manquements, or, nous sommes très intransigeants par rapport cela. Parce que la médecine, c'est le domaine de la science. C'est pour cela que nous avions demandés tous nos responsables locaux de veiller cela et de demander nos camarades, une fois sur place, de ne jamais dispenser des enseignements apprentissages dans des établissements qui ne remplissent pas les normes édictées dans le proctologue sanitaire''.
Ainsi, estime Abdou Faty, "les raisons de ce renvoi de la réouverture des classes, il faut aller les chercher ailleurs. Ce n'est pas dans le fait que l'on ait testé positifs des enseignants Ziguinchor (deux enseignants). Les raisons sont chercher dans les dysfonctionnements dans le dispositif, dans le tâtonnement, dans cette propension ne pas privilégier la concertation, le dialogue sur les questions majeures''. Il fulmine : " Nous les appelions des rencontres, séances de partage pour s'inscrire dans une dynamique d'ouverture de classes qui va tenir compte de beaucoup de paramètres, sanitaires, environnementales, qui va tenir compte naturellement de l'évolution de la pandémie''.
L'enseignant invite, de ce fait, le gouvernement prendre la responsabilité de convoyer les enseignants, afin qu'ils regagnent leurs maisons et de faire en sorte que leurs camarades qui sont sur place ne soient pas stigmatisés, parce qu'il "a ouvert la boîte de Pandore qui consiste dire solennellement que des enseignants ont été testés positifs. Quelle sera la réaction des populations ? Donc, nous tiendrons le gouvernement responsable de tout ce qui pourrait arriver aux enseignants et nous lui demandons de veiller l'intégrité physique, morale de nos camarades. Egalement de remettre un autre dispositif pour leur convoyage retour dans leurs familles respectives''.
AIDA DI?NE

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