En France, Facebook a censuré 84 % des publicités (soi-disant) « hautement politisées »

En France, Facebook a censuré 84 % des publicités (soi-disant) « hautement politisées »

Nextinpact Le 2019-05-22  Source

Facebook a «retiré» 84 % des 12263 publicités liées «à la politique et à des débats d'intérêt général» diffusées en France depuis mars sur le réseau social, au motif qu'elles ne respectaient pas les nouvelles règles souhaitées par les instances européennes afin de lutter contre la désinformation, notamment à l'aune des élections européennes.

La majeure partie ne relevait pourtant pas de «publicités politiques» stricto sensu. Au total, 91 % des instances internationales, ONG, médias et entreprises privées ayant payé Facebook pour y diffuser des publicités d'«intérêt général» ont ainsi été censurées, dont plus d'une centaine visant précisément à inciter les internautes à aller voter aux élections et émanant des... instances européennes elles-mêmes ainsi que du ministère de l'Intérieur.

Dans le lot, également, des milliers de messages sponsorisés par Médecins du Monde, Greenpeace, l'UNICEF, la Banque mondiale, EDF ou encore le service de petites annonces immobilières du Figaro, qui ne concernaient en rien les élections européennes, mais qui n'en ont pas moins été cataloguées «hautement politisées».

Remontons d'abord à fin janvier, lorsque la Commission européenne rendaitpublics les premiers rapports présentés par les signataires du code de bonnes pratiques contre la désinformation, signé en octobre 2018.

Google, Facebook, Twitter, Mozilla et les associations professionnelles représentant le secteur de la publicité y présentaient les progrès accomplis, «notamment dans la suppression des faux comptes et la limitation de la visibilité des sites qui favorisent la désinformation». Andrus Ansip, commissaire au marché unique numérique, s'était alors félicité du fait que «les signataires [soient] passés à l'action, par exemple en donnant aux internautes des moyens nouveaux pour obtenir des informations plus détaillées sur la source d'un article ou d'une publicité».

Le représentant souhaitait cependant que ces acteurs veillent «à ce que ces outils soient accessibles à tous dans l'Union, en contrôler l'efficacité et s'adapter en permanence aux nouveaux moyens utilisés par ceux qui propagent la désinformation. Il n'y a pas de temps à perdre». Julian King, commissaire pour l'Union de la sécurité, ajoutait que «les élections européennes approchant à grands pas, tout progrès réalisé dans la lutte contre la désinformation est une bonne chose».

Et la Commission de souligner que «des mesures supplémentaires sont nécessaires pour assurer la totale transparence des publicités à caractère politique d'ici le début de la campagne des élections européennes dans tous les Etats membres de l'UE».

Facebook annonçait alors que son système de transparence censé agir contre l'ingérence politique, actif aux Etats-Unis et dans une poignée de pays, serait étendu à l'échelle de l'Union européenne.

Mieux, les publicités politiques seraient désormais accompagnées d'un avertissement mentionnant «financé par». À cet effet, les candidats et les partis politiques étaient invités à s'enregistrer auprès du réseau social, de sorte de pouvoir publier des annonces appelant à voter pour un parti ou un candidat.

L'entreprise allait en outre rendre publiques en Europe ses archives de publicités non seulement politiques, mais également celles relatives à des sujets dits «de société», comme l'immigration ou la fiscalité, qui, sans chercher à promouvoir tel parti ou candidat, pourraient influencer le débat politique dans le cadre d'une élection.

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