ASSEMBLEE GENERALE DE L'ONU : Washington et Pékin se livrent une nouvelle passe d'armes

ASSEMBLEE GENERALE DE L'ONU : Washington et Pékin se livrent une nouvelle passe d'armes

Enqueteplus Le 2020-09-24  Source

Les Etats-Unis et la Chine se sont de nouveau vivement affrontés ce mardi 22 septembre l'Assemblée générale de l'ONU. Donald Trump a attaqué frontalement Pékin, sur le thème de la pandémie de coronavirus notamment. Son homologue chinois, Xi Jinping, a lui milité pour plus de coopération et moins de confrontation.

Il n'y avait aucun dirigeant dans le hall de l'Assemblée générale de l'ONU, cemardi 22 septembre. Pour cause de coronavirus, les discours étaient pré-enregistrés et diffusés sur des écrans. Ce cadre n'a toutefois pas empêchéDonald Trump d'attaquer la Chine, une fois de plus et comme attendu. Un tiers de son intervention a été dirigé contre Pékin: pollution, nettoyage ethnique, échanges commerciaux, et bien sûr le Covid-19 et la gestion de la pandémie... Tout y est passé.

Le président des Etats-Unis a remis sur le tapis le gros point de controversequi a bloqué le Conseil de sécurité pendant 100 jours l'ONU:sa rhétorique sur le «virus chinois». «Soixante-quinzeans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et la création des Nations unies, nous faisons face nouveau un grand défi mondial. Nous avons mené une bataille féroce contre un ennemi invisible: le virus chinois», a déclaré Donald Trump.

Le chef d'Etat a replacéle duel sino-américain au coeur des débats géopolitiques globaux, tout en se désengageant un peu plus de l'ONU et d'un monde multilatéral, relate notre correspondante New York,Carrie Nooten.

La méthode Coué version américaine

En campagne pour sa réélection, le président américain a également profité de la tribune de l'ONU pour faire oublier les virulentes critiques qui visent sagestion de l'épidémie de coronavirusaux Etats-Unis. «Nous allonsdistribuer le vaccin, nous allons vaincre le virus, mettre un terme la pandémie, et nous allons entrer dans une nouvelle ère de prospérité sans précédent», a-t-il promis.

Et devant cette institution symboledu multilatéralisme, le président américain a confirmé nouveau que sa vision diplomatique ne changerait pas s'il était réélu en novembre: «Je place fièrement l'Amérique d'abord. Tout comme vous devrez donner la priorité vos pays!»

Xi ne veut pas de «guerre froide»

Hasard du tirage au sort, l'intervention du président chinois a été programmée quelques minutes plus tard. Et le contraste fut saisissant. Xi Jinping en a profité pour occuper la place qu'il devait soupçonner que son homologue américain laisserait vacante: il a appelé une bataille globale et concertée contre la pandémie, et s'est posée littéralement en chantre du multilatéralisme.

«La Chine n'a pas l'intention d'entrer dans une guerre froide», a assuré Xi Jinping, qui a annoncé des rallonges budgétaires l'ONU de plusieurs centaines de millions de dollars. Une manne dont l'organisation a cruellement besoin, et ce alors que les Etats-Unis coupent des budgets ses agences. Les diplomates habitués aux méthodes de Pékin savent que cela lui permettra surtout d'asseoir une position influente au sein de la diplomatie mondiale.

«Le monde tel qu'il est aujourd'hui ne peut pas se résumer la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis», a affirmé pour sa part le président français Emmanuel Macron, en appelant «construire de nouvelles alliances». «Nous ne sommes pas collectivement condamnés un pas de deux qui, en quelque sorte, nous réduirait n'être que les spectateurs désolés d'une impuissance collective», a-t-il voulu croire.

RFI

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