Ethiopie: l'assassinat d'un célèbre chanteur oromo provoque des heurts à Addis-Abeba

Ethiopie: l'assassinat d'un célèbre chanteur oromo provoque des heurts à Addis-Abeba

Leral Il y'a 1 semaine  Source

La situation est tendue depuis ce mardi matin dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Internet est aussi coupé dans plusieurs régions du pays, selon les données de sites de surveillance du trafic. Cela fait suite à l'assassinat, lundi soir, d'un célèbre chanteur militant oromo.

Hachalu Hundessa est mort à l'hôpital dans la nuit. L'image de son corps sous une couverture a très vite circulé sur les réseaux sociaux. Il faut dire que ce jeune homme de 34 ans était une idole, et pas seulement parce qu'il avait un beau sourire et des chansons entraînantes : il était aussi un militant de la cause du peuple oromo et de ses malheurs depuis deux siècles, dans un ensemble éthiopien où il s'estime maltraité.

Mais aux alentours de 21h30 lundi soir, sa voix s'est définitivement tue. On ignore encore les circonstances exactes de son assassinat. Ce qui est sûr, c'est qu'un ou plusieurs tireurs l'ont pris pour cible dans la rue, devant un complexe immobilier récent, dans une banlieue sud d'Addis-Abeba, selon la police.

Heurts dans la capitale

Le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même oromo mais contesté au sein de sa nation d'origine, a aussitôt exprimé son « chagrin » devant la perte de « cette précieuse vie ». Il a ordonné un rapport d'enquête rapide, de même que la procureure générale éthiopienne, Adanech Abebe, qui a juré que « personne n'échapperait à la justice ».

Mardi matin, le corps d'Hachalu Hundessa devait être rapatrié dans son fief d'Ambo, à l'ouest d'Addis-Abeba. Selon un témoignage, de jeunes oromos ont empêché son départ de l'hôpital et exigé des funérailles nationales pour celui qui est vu comme un martyr de la cause patriotique.

Depuis, la situation est particulièrement tendue. Selon des témoins, si le calme est désormais revenu dans le centre-ville, où des tirs avaient été entendus dans la matinée, des rassemblements continuent dans les banlieues. Internet a été coupé dans plusieurs régions du pays, selon les données de sites de surveillance du trafic, alors que le réseau téléphonique, perturbé depuis la matinée, semble fonctionner de nouveau.
Rfi

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