Adèle Haenel : "Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes"

Adèle Haenel : "Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes"

Closermag Le 2020-02-24  Source

Roman Polanski est encensé aux César 2020. La cérémonie se déroulera vendredi 28 février à la salle Pleyel, à Paris, et le réalisateur de J'accuse a toutes les chances de rentrer chez lui avec un trophée puisqu'il est nominé dans 12 catégories. Déjà une prouesse pour celui qui est accusé de viols et d'agressions sexuelles par plusieurs femmes.

Alors que de nombreuses voix se sont insurgées contre le tapis rouge dressé pour Roman Polanski - Osez le féminisme ! et d'autres associations ont d'ailleurs appelé à une action devant la salle Pleyel le soir de la cérémonie - Adèle Haenel s'est jointe au mouvement lors d'une interview accordée au New York Times. "Distinguer Polanski, c'est cracher au visage de toutes les victimes. ...a veut dire, 'Ce n'est pas si grave de violer des femmes', a-t-elle estimé. À la sortie de J'accuse, on a entendu crier à la censure alors qu'il ne s'agit pas censurer mais de choisir qui on veut regarder. Et les hommes riches, blancs, rassurez-vous : vous possédez tous les moyens de communication."

"Une agression n'est pas une pratique libertine"

Celle qui a affirmé avoir elle-même été victime de violences sexuelles - elle a accusé le réalisateur Christophe Ruggia de harcèlement sexuel et d'attouchements lorsqu'elle était adolescente - elle s'est désolée qu'en France, le mouvement "Me Too" n'ait pas pris la même ampleur qu'outre Atlantique.

"D'un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche, analyse l'actrice de 31 ans. Beaucoup d'artistes ont confondu, ou voulu confondre le jeu sexuel et l'agression. Le débat s'est positionné sur la question de la liberté d'importuner, et sur le prétendu puritanisme des féministes. Alors qu'une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine", a continué Adèle Haenel. Pour rappel, Le Monde a publié en janvier 2018 une tribune défendant "la liberté d'importuner", signée par plusieurs stars, dont Catherine Deneuve.

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