Entretiens pervers au ministère de la Culture: les témoignages glaçants des victimes

Entretiens pervers au ministère de la Culture: les témoignages glaçants des victimes

Closermag Il y'a 4 jours  Source

Des témoignages pour le moins inquiétants. Pendant neuf ans, Christian N., un ancien responsable RH du ministère de la Culture, a administré des diurétiques, du Furosémide plus exactement, plus de 200 candidates pendant des entretiens au 3, rue de Valois Paris, ainsi qu' la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est, pour que ces femmes urinent devant lui. Une affaire qui a éclaté le 15 juin 2018, et sur laquelle Libération publie une enquête.

Le haut fonctionnaire enregistrait ensuite ces "expériences" dans un fichier Excel en précisant "leurs réactions aux diurétiques, l'heure de prise du médicament et l'endroit où se déclenche l'envie d'uriner", indiquent nos confrères. Connu également pour photographier les jambes de femmes sur son lieu de travail, il a été mis en examen la fin du mois d'octobre dernier.

"Sous un pont, j'ai baissé mon pantalon et ma culotte, et j'ai uriné"

Interrogées par Libération, cinq des victimes reviennent sur les faits qui se sont déroulés entre 2009 et 2018. Le processus mis en place par l'ancien sous-directeur des politiques de ressources humaines était toujours le même, lorsqu'il recevait une candidate : après avoir proposé une boisson chaude sa victime, il lui glissait une dose de diurétique dans le verre, ni vu ni connu. Au bout de trois heures de visite du patrimoine, la substance commençait agir. L'ex-directeur régional adjoint de la Drac faisait alors en sorte d'isoler sa victime, loin des toilettes. "Au bout d'un moment, l'envie est trop forte, je lui demande une pause technique L'homme oriente leur déambulation vers les quais de Seine. Je sentais mon ventre gonfler, j'étais au bord du malaise. Sous un pont, j'ai baissé mon pantalon et ma culotte, et j'ai uriné. Pendant ce temps, il tenait son manteau devant moi pour me cacher et regardait mon visage", raconte l'une des femmes nos confrères. Une autre victime se souvient de cette "envie fulgurante d'uriner", avant de poursuivre : "Je lui dis clairement que je ne me sens pas bien. Je m'écroule de douleur. Des gens se sont agglutinés autour de nous. Il a dit aux passants qu'il était DRH au ministère, puis m'a proposé d'uriner derrière un baraquement de chantier et de me cacher avec sa veste. J'ai refusé." Elle a ensuite été hospitalisée sur une durée de quatre jours pour une infection urinaire " la limite de la péritonite".

Sur BFMTV, une autre victime prénommée Alyzée, relate également sa mauvaise expérience : "À un moment, j'ai ressenti des douleurs et une furieuse envie d'uriner. J'en avais des sueurs froides. J'ai fini par dire qu'il fallait que j'aille aux toilettes. Il m'a accompagnée, il est entré avec moi dans les toilettes et a attendu que j'urine. Il a tout écouté. J'en suis ressortie soulagée mais très gênée par ce qui venait de se passer."

"J'aurais voulu qu'on m'arrête avant"

Contacté par Libération, Christian N. a nié les faits dans un premier temps, avant de reconnaître avoir photographié et intoxiqué plusieurs reprises des femmes dans son environnement professionnel. "J'aurais voulu qu'on m'arrête avant. C'était compulsif, mais il n'y avait pas chez moi une volonté d'empoisonner ces femmes. Je ne pensais pas que le diurétique pouvait causer des problèmes médicaux", déclare celui qui assure également bénéficier d'un suivi psychiatrique.

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