INTERVIEW. Jim Carrey : "J'ai connu des moments de dépression"

Closer : Beaucoup de gens disent que vous faites votre grand retour à Hollywood. Qu'en pensez-vous ?

Jim Carrey : Aujourd'hui, je souhaite simplement prendre le ballon et marquer quelques buts, puis quitter le terrain. Cela va peut-être vous paraître bizarre, mais je n'ai plus l'impression de faire partie du show-business. Je me moque totalement de la célébrité ou de la richesse. Je ne veux pas acheter une autre maison. Je ne veux pas être plus connu. J'ai déjà tout ce qu'il me faut. La seule chose qui m'intéresse aujourd'hui est ce que je dis, ce que je fais et ce que j'ai envie de faire.

Vous n'avez donc pas l'impression de faire un come-back ?

J'espère que c'est alors un grand retour ! (Il rit.) Vous savez, j'ai connu une période où je ne voulais vraiment plus être membre de ce milieu. Je ne souhaitais plus centrer ma vie sur la célébrité et savoir qui est populaire, qui a du succès, qui se retrouve au sommet, etc. J'étais vraiment en colère après moi-même, car je n'avais pas le courage de vouloir changer de vie et de découvrir autre chose. J'avais du mal à faire face à cette situation et, un jour, vous vous rendez compte que vous n'êtes plus dans le business depuis cinq ans. Ce milieu, c'est mon gagne-pain, mais mon métier ne définit en rien ce que je suis aujourd'hui.

Comment vous définir alors aujourd'hui ?

Je suis à la fois heureux et triste. Je suis à la fois satisfait et seul. J'ai connu des moments de dépression et de tristesse, mais j'ai appris qu'il y a toujours du bon dans n'importe quel malheur. Tout dépend sous quel angle vous voyez les choses. Je suis convaincu que le paradis et l'enfer sont constamment dans la même pièce. Nous jonglons toujours avec les deux.

"C'est mon père qui m'a donné le virus de l'humour. Sans lui, je n'aurais pas eu cette carrière"

Vous semblez être plus en paix avec vous-même et avoir vaincu votre dépression... Comment avez-vous appris à gérer vos démons ?

De différentes manières. Parfois, vous souhaitez simplement les fuir. D'autres fois, vous apprenez simplement à gérer leur présence à vos côtés. Nous vivons tous la même chose. Il n'y a pas de différence entre nous, on se fait tous pilonner ! (Il rit.)

Qui vous a inspiré pour faire carrière à Hollywood ?

Mon père ! C'est un personnage mythique, comme beaucoup de gens dans ce monde. Mais mon père était quelqu'un avec qui vous vous sentiez à l'aise au bout de cinq minutes comme si vous le connaissiez depuis cinquante ans. Dès le moment où il entrait dans une pièce, tout le monde était son ami. Il était l'un des êtres humains les plus amicaux et les plus chaleureux que l'on puisse connaître, et il m'a donné le virus de l'humour. Je le regardais constamment dans le salon et il faisait rire tous les gens qui venaient nous rendre visite. Tous repartaient en se sentant aimés et... épuisés par le rire. Mon père était donc un homme très spécial.

Vous a-t-il soutenu à vos débuts dans votre décision de devenir comédien ?

Absolument ! Il m'a soutenu et il était mon champion. C'est lui qui a suggéré que je devais me rendre dans des clubs de comédie, des petits théâtres improvisés, et que je devais écrire des sketchs. Je me souviens avoir écrit des histoires avec lui qui étaient tellement ringardes. Il m'a poussé à me rendre dans un club appelé Yuk Yuk's, à Toronto, où j'imitais Carol Burnett et d'autres gens. J'avais à peine 15 ans et je m'en suis pris plein la gueule, mais cette expérience m'a donné la force de montrer mon visage aux gens et de continuer sans relâche à vouloir faire rire. Sans lui, je n'aurais certainement jamais connu cette carrière.

Pour quoi vous êtes-vous réfugié dans la peinture et la sculpture, ces dernières années ?

J'ai été rattrapé par ma mère qui était une véritable artiste peintre. C'est la même chose de peindre ou de sculpter un personnage que de le jouer au cinéma ou à la télévision. J'ai toujours dessiné et j'ai toujours peint. Mon enfance, c'était ça, j'étais dans ma chambre et j'écrivais... J'ai même envoyé une lettre à McGraw Hill pour faire publier mes poèmes sur la vie des enfants. J'avais aussi l'habitude de m'asseoir dans ma chambre et d'essayer simplement de comprendre le sens de l'existence.

Avez-vous l'impression que d'être né au Canada vous a apporté une sensibilité qui aurait été différente si vous aviez grandi aux Etats-Unis ?

Les gens n'arrêtent pas de dire à quel point les Canadiens sont gentils, mais cela vient seulement d'une seule raison : les soins de santé. Quand vous avez une bonne couverture médicale et que les gens prennent soin de vous si vous êtes malade, vous êtes heureux et différent. Ici, aux Etats-Unis, je n'ai pas l'impression que nous sommes humains contrairement au Canada.

A 58 ans, vous êtes déjà grand-père d'un petit-fils de 10 ans, Jackson. Comment le vivez-vous ?

Mon petit-fils est mon professeur. Il m'apprend plein de choses. Il est tellement intelligent. Il ne cesse de me donner des conseils. J'ai l'impression d'être un enfant devant lui ! (Rires.)

Ne ratez aucun article de Closermag.fr en recevant directement une alerte via Messenger

Nous vous recommandons