Jérémy Dubois (Enquêtes sous haute tension) : "Les pompiers ne sont pas des super-héros"

Jérémy Dubois (Enquêtes sous haute tension) : "Les pompiers ne sont pas des super-héros"

Telestar Le 2020-08-14  Source

Quand on contacte le 18, on tombe sur un opérateur CTA. Quel est son rôle ?

Jérémy Dubois : Quand on décroche, on fait un premier tri. Certains appels sont des demandes de renseignements ou viennent de gens qui ont un mauvais numéro et que l'on réoriente vers le bon service, la police, par exemple. D'autres sont des demandes de secours mais sans détresse vitale. Notre société a besoin d'écoute et les gens inquiets ou malheureux qui nous appellent ont alors besoin de conseil ou d'un accompagnement. Et puis, il y a les urgences où la personne qui appelle est dans une situation stressante au plus haut point pour elle. Il faut alors la canaliser, la rassurer, l'accompagner. La plupart du temps, ce sont des témoins de la détresse d'une victime. Dans ce cas, j'aime assez l'image de l'avatar, comme dans le film.

C'est--dire ?

On se met la place de ce témoin et l'on cherche le moyen de s'en servir pour qu'il effectue les bons gestes, que nous, on connaît. Mais, dans tous les cas, notre rôle est de faire le maximum entre la prise d'appel et l'arrivée de nos collègues sur place.

Vous n'avez pas le droit de montrer vos émotions. Vous êtes-vous forgé une carapace pour ça ?

Ce n'est pas une carapace car les appels ne me laissent pas indifférent. Mais je dois rester en mode opérateur, sinon je ne peux pas faire mon travail. Les émotions viennent une fois que j'ai raccroché. J'ai alors besoin d'aller faire un tour, de boire un café. La séance de sport en fin de garde fait aussi du bien.

Il doit y avoir des appels plus traumatisants que d'autres.

Les violences sur les enfants ou sur les femmes que l'on vit en direct. On ne sait pas pourquoi, mais ça arrive souvent en série. On va avoir trois ou quatre femmes battues dans la même journée. Elles sont retranchées chez elles et derrière, on entend que ça tape pour entrer. On envoie la police tout de suite pour protéger au maximum ces personnes. Ces appels sont durs avaler.

On est loin de l'image du (...)

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