Laëtitia : de quel fait divers est tirée le téléfilm ?

La première fois qu'on lui propose l'adaptation du récit d'Ivan Jablonka Laëtitia ou la fin des hommes, basé sur le meurtre, en 2011, de la jeune Laëtitia Perrais par Tony Meilhon, le réalisateur oscarisé Jean-Xavier de Lestrade ne cache pas ses réticences : "Pour avoir tourné beaucoup de documentaires, je connais la souffrance de ceux qui sont laissés sur le bord de la route lorsqu'une telle affaire éclate. Je pense Jessica, la s...ur jumelle de Laëtitia. Je ne voulais pas rajouter de la douleur l où il y en avait tellement eu. Pour cela, il fallait éviter le spectaculaire, car on ne fait pas du divertissement." La famille de la victime lui a simplement demandé que le patronyme de Laëtitia ne soit pas mentionné.

Une victime réhabilitée

Entre la vérité du documentaire et le parti pris de la fiction, le cinéaste met le cap sur une promesse qu'il s'est faite vis--vis des proches de l'adolescente : "Malgré quelques libertés romanesques nécessaires, nous leur devions la vérité". Aussi, avec son co-scénariste Antoine Lacomblez, il entame un long travail de documentation, épluchant tous les procès-verbaux de l'enquête. Quant au roman d'Ivan Jablonka, il s'inspire de son intention en réhabilitant l'image d'une jeune femme (interprétée par Marie Colomb) réduite par les médias la tragédie de son assassinat : "On ne sait rien de sa vie, on sait juste comment elle est morte, souligne Jean-Xavier de Lestrade. Et ça, c'est insupportable ! Il fallait rendre la vie Laëtitia car c'est une vraie héroïne. Une enfant qui s'est battue pour survivre au milieu d'une violence inouïe, et qui était sur le point de s'en sortir."

Des destins fracassés

Ce parcours douloureux, Jean-Xavier de Lestrade le déroule en parallèle de celui qui est devenu le bourreau (incarné par Noam Morgensztern). Nombreuses sont d'ailleurs les correspondances : "Cette fiction est construite contre les discours simplistes, où l'on a d'un côté le coupable monstrueux, (...)

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