Le jour où... Le destin de Dalida a basculé

Elle ouvre les yeux, faiblement. Aussitôt, lui revient en tête ce refrain, obsédant. "Ciao amore, ciao..." : "Au revoir, mon amour..." Celui de Luigi Tenco, toujours. Mais en cette fin mars 1967, dans sa chambre d'hôpital, c'est le visage d'un ancien amant qui apparaît au pied du lit de Dalida. Beau parleur et drôle de zèbre, qui a fait oublier son passé de combattant nazi en devenant un journaliste-imprésario connu du Tout-Paris, Christian de La Mazière est venu interviewer l'artiste convalescente pour France-Soir et proclamer sa résurrection. Jadis, Dalida a aimé Christian. Mais pas du même feu qui l'a consumée un mois plus tôt, le 27 février. Cette nuit-l, dans sa suite du Prince de Galles, Iolanda Gigliotti tentait, avec l'aide de barbituriques, d'abréger ses jours. Avant d'être sauvée in extremis par une femme de ménage du palace parisien.

Terrassé par l'alcool et les médicaments

"Depuis la mort de Luigi Tenco, ma vie ne représentait rien d'autre qu'une marche sans avenir, dit-elle La Mazière. Froidement, j'ai fait la revue de détails de ma vie. Trente-quatre ans et personne. Mon travail et personne. Une célébrité et personne. Pas d'enfants, pas d'espoir, plus de 20 ans venir, plus de saisons regarder. Plus rien." Depuis la mort de Luigi Tenco... Il est 2 h 30 du matin lorsque, ce 27 janvier 1967, Dalida pénètre dans la chambre de son compagnon, l'hôtel Savoia de San Remo. Elle le découvre par terre, plat ventre. Le croit endormi, terrassé par l'alcool et les médicaments qu'il a dû ingurgiter après sa défaite un concours auquel il ne croyait pas. Dalida caresse les cheveux de Luigi. Pourquoi l'a-t-elle encouragé chanter un Cia amore, ciao aux tonalités trop rageuses pour le si conformiste festival de Sanremo, qui impose que chaque chanson soit interprétée par deux artistes ? Pensait-elle que sa gloire rejaillirait sur celui dont elle s'était éprise quelques semaines plus tôt Rome ? Sur scène, (...)

Nous vous recommandons