Son mari a poignardé sa fille mais, pour elle, "ce n'est pas une mauvaise personne"

Son mari a poignardé sa fille mais, pour elle, "ce n'est pas une mauvaise personne"

Closermag Le 2019-12-15  Source

Derrière les grilles des beaux quartiers, les violences familiales existent aussi... C'est dans sa Mercedes-Benz, garée à 250 mètres de la résidence familiale d'une banlieue chic d'Adélaïde, en Australie, que Sabrina Lekaj, une brillante étudiante de 20 ans, a trouvé la mort, le 21 juillet dernier. Sabrina a été poignardée par son propre père, Petrit Lekaj, âgé de 49 ans. Détenu dans un centre psychiatrique fermé, celui-ci a plaidé coupable de meurtre, et attend son procès.

Depuis le crime, le voile se lève sur le quotidien pas si rose de Sabrina. Inscrite en médecine, cette pianiste aguerrie excellait en de nombreux domaines, comme l'ont rappelé ses camarades de classe, venus lui rendre hommage. "Sabrina était très, très intelligente, et avait l'habitude d'être très exigeante. Elle disait tout le temps : "Non, je ferai mieux, j'irai plus haut" ", se souvient, émue, Ana, une copine de lycée. Des performances qui répondaient aux fortes attentes de ses parents, Petrit et Romina, très exigeants avec leur fille aînée. Tout en rendant hommage à sa "merveilleuse" fille, Romina a aussi pris la défense de son époux : "Mon mari a tué ma fille, mais ce n'est pas une mauvaise personne." Un sacré déni maternel qui illustre l'absence de remise en cause de la toute-puissance du père de famille.

Son père lui interdisait d'avoir un petit ami

Au fil de l'enquête, l'image idyllique renvoyée par la famille Lekaj s'est fissurée. A 20 ans, la jeune fille modèle s'est muée en étudiante brillante qui aspirait à plus d'autonomie et de liberté. Des revendications d'émancipation, sources de tensions constantes au sein de la famille. Derrière la porte, la discorde régnait. Sabrina avait évoqué devant ses amis proches le joug paternel. "Elle nous disait qu'il lui reprochait constamment des broutilles. Il voulait contrôler sa vie et lui interdisait formellement d'avoir un petit ami", a confié son amie Katie à la presse australienne.

La veille du meurtre, Sabrina et Katie avaient fêté la fin d'une période intense d'examens. Sabrina avait dormi chez son amie, avant de rentrer chez elle dans l'après-midi. Elles ne se sont plus jamais revues : "Sabrina devait m'appeler en rentrant chez elle. Mais elle ne l'a pas fait." A 23 h 30, elle a été retrouvée, poignardée dans sa voiture, à côté du corps de son père qui avait retourné son arme contre lui.

Elle était hyper-stressée et envisageait de quitter la maison

Katie confirme la relation conflictuelle entre le père et sa fille. "Il l'interrogeait sans cesse pour savoir si elle avait un petit copain. Sabrina avait le sentiment qu'elle ne pourrait rien faire sans désobéir. Elle était hyper-stressée et envisageait de quitter la maison. Elle est venue plusieurs fois chez moi. Je n'ai jamais pu aller chez elle, ses parents refusaient qu'elle côtoie des gens. A tel point qu'elle me raccrochait au nez parce qu'elle ne voulait pas se faire surprendre en train de papoter au lieu de réviser."

Sabrina a-t-elle annoncé à son père qu'elle souhaitait quitter le domicile ? A-t-il cru qu'elle avait dormi chez un garçon ? Les circonstances du drame sont floues. Les juges auront la lourde tâche de faire la lumière sur les mobiles du meurtre. Son souhait de prendre son envol, à 20 ans, pourrait avoir été fatal à la jeune femme. Son père voulait avoir tout pouvoir sur sa vie... au point de lui donner la mort.

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