TEMOIGNAGE. "La France est championne d'Europe de l'abandon d'animaux. Nous devons changer ça"

"Ce chien-là, s'amuse Kévin, nous a été envoyé par l'univers. Deux semaines avant, avec ma compagne, Julie, on parlait d'en adopter un et voilà que Lucky nous tombe dessus." Il y a trois mois, Kévin, 34 ans, barman dans un pub de Pau, termine son service quand son collègue, Mark, revient avec un chien inconnu, et sans tatouage, en laisse. "Il venait de le trouver, errant dans la rue. Je discutais avec des amis. L'animal s'est assis au milieu du groupe. Il ne bougeait plus. On a regardé un peu partout, laissé des messages à des associations au cas où son maître aurait déclaré sa perte. J'étais le seul à avoir une maison avec jardin, alors je l'ai embarqué chez moi. A moto !

A 5 heures du matin, ma copine m'a vu débarquer avec un chien. Sur le moment, elle n'a rien compris", sourit Kevin. En bon border collie croisé patou, Lucky, comme l'ont rebaptisé les amoureux, avait du flair en choisissant ses nouveaux maîtres. Le couple, très sensible à la cause animale et environnementale, a pris soin de lui. "Nous avons continué les démarches pour voir si quelqu'un le recherchait, explique Julie.

Par sa gentillesse et son intelligence, Lucky a su se faire aimer de sa nouvelle famille

Puis nous avons pris contact avec une association à Lescar pour nous assurer qu'il était en bonne santé et le faire pucer à moindre coût. Malgré nos efforts, nous n'avons pas retrouvé son maître. Mais, pour être honnête, c'était un soulagement, car nous nous sommes très vite attachés à lui", confie la jeune femme qui cherche actuellement un poste d'assistante vétérinaire.

Par sa gentillesse et son intelligence, Lucky a su se faire aimer de sa nouvelle famille. Même le chat de la maison lui a fait une place. Une adoption réussie, qui a aussi rappelé à Julie et Kevin une triste réalité : "La France est championne d'Europe de l'abandon d'animaux. Nous devons nous mobiliser pour que cela change. D'abord en cessant de les considérer comme de vulgaires biens de consommation. Achetez un chaton mignon à Noël et s'en débarrasser en juillet, c'est inconcevable. Il y a toujours une solution. Des refuges ou des pensions peuvent les accueillir. Et même certains campings. Si vous aimez les animaux, n'en achetez pas, adoptez-les ! Il y en a plein les refuges, s'indigne Julie. Ils vous en seront reconnaissants. Lucky en est la preuve. " "Ce n'est pas un cadeau que vous lui faites, souligne Kevin. Adopter un animal, c'est une chance qui nous est offerte de développer notre empathie et notre lien à la nature. Penser à autre chose qu'à notre nombril et notre besoin effréné de consommation. Et, ça, ça ferait du bien à pas mal d'humains."

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