1re RENCONTRE DU COMITE DE PILOTAGE DU DIALOGUE NATIONAL : Famara Ibrahima Sagna donne le ton

Après son installation le 26 décembre 2019, Famara Ibrahima Sagna rencontre, pour la première fois,son équipe, aujourd'hui. Même si l'ordre du jour de l'entrevue reste méconnu, les participants émettent déj leurs attentes.

Le Comité de pilotage du dialogue national tient sa première réunion aujourd'hui. Mais, pour l'instant, la plupart des membres de l'équipe de Famara Ibrahima Sagna méconnaissent l'ordre du jour de cette rencontre car, disent-ils, la note d'invitation ne renseigne pas sur les points aborder. Ceux contactés par "EnQuête'', hier, tentent, toutefois, de donner quelques pistes.

Ainsi, l'ancien ministre Habib Sy pense que les échanges devront portersur les préliminaires. Pour le président du Parti espoir et modernité, par ailleurs membre du Front de résistance nationale, le Comité de pilotage va certainement définir un certain nombre de termes de référence pour savoir comment seront constituées les commissions, quelles seront celles qui seront retenues.

Pour sa part, le plénipotentiaire des non-alignés, Déthié Faye, parle plutôt d'une prise de contact. "J'ignore l'ordre du jour de la rencontre. Nous sommes simplement invités prendre part la rencontre, sans plus de précision. Ce sera peut-être une prise de contact et, certainement, le président ne manquera pas de proposer un projet de feuille de route. En tout cas, en fonction des sujets qui seront sur la table, nous pourrons nous prononcer et, au sortir de la rencontre, faire l'appréciation'', indique M. Faye.

Toutefois, des attentes liées aux travaux du Comité de pilotage ne manquent pas. Si certains acteurs attendent la fin de cette première entrevue pour se prononcer, d'autres, par contre, émettent déj leurs souhaits. Il s'agira, pour Habib Sy, d'exposer au gouvernement les secteurs problèmes qui nécessitent un dialogue franc et sincère, afin d'adopter les solutions les meilleures pour les Sénégalais. Pour le leader du Parti espoir et modernité, il faudra penser un suivi des décisions prises après les concertations. "Les consensus qui seront retenus feront l'objet d'une mise en oeuvre par le gouvernement et il y aura quand même une sorte de comité de suivi ou d'observatoire qui veillera la mise en oeuvre de ce consensus'', souligne l'ancien directeur de cabinet du président Abdoulaye Wade.

Dans le même sillage, le plénipotentiaire des non-alignés espère que les différentes commissions mises en place prendront en compte les questions d'intérêt national afin d'être utiles aux Sénégalais. "La commission politique a réussi le pari. Je souhaite que toutes les autres commissions puissent faire de même et que le Comité de pilotage comprenne les attentes du peuple'', déclare Déthié Faye.

"Ce n'est pas un deal''

Revenant la charge, Habib Sy justifie la participation de l'opposition ces concertations. Selon l'ancien ministre sous Wade, cette participation de l'opposition cette première rencontre ne doit être perçue comme un deal. Habib Sy rappelle, ce propos, le concept "opposition de contribution'' théorisé par Me Abdoulaye Wade en 1974, lors de la création du PDS. "C'était l'époque du parti unique. Il avait dit quele PDS était un parti de contribution. Il arrive un moment où, dans un pays, il faut qu'il y ait des consensus et c'est cela l'opposition de contribution. Je crois que le PDS ne peut pas être absent ce dialoguequi représente la contribution'', indique M. Sy. Il estime que ceux qui évoquent un deal avec Macky Sall, travers ce dialogue, méconnaissent leurs motivations.

"C'est la fin qu'ils comprendront. Ils se croient plus patriotes et plus opposants que nous. Il faut que les gens comprennent que nous sommes des opposants. Nous n'avons l'intention de faire aucun deal avec le gouvernement. Mais il arrive des moments, dans un pays, où il faut accepter de discuter et de trouver des consensus. Cela ne veut pas dire qu'on sera d'accord sur tout'', insiste M. Sy.

Selon lui, le rôle de l'opposition n'est pas toujours une fonction exclusive de destruction ou de démolition, mais aussi, estime-t-il, il appartient au pouvoir, un certain moment du processus démocratique, d'être le porte-parole de l'opposition. "C'est ce que les négociateurs appellent des zones d'accord où chacun y trouve son compte. Il n'empêche que le pouvoir va continuer exercer son pouvoir et nous exercer notre fonction d'opposants, nous présenter aux différentes élections et nous battre pour conquérir le pouvoir'', déclare Habib Sy.

HABIBATOU TRAORE

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