AFFAIRE OUSMANE SONKO, COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE. : Les explications de Seydou Guèye

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Politique

 

Le ministre, porte-parole et coordonnateur de la communication de la présidence de la République, a défendu, hier, la position du gouvernement dans l’affaire Ousmane Sonko. Seydou Guèye rejette la théorie du complot contre le leader du Pastef. Il s’est également exprimé sur d’autres questions relatives aux nombreuses arrestations et à  la communication présidentielle. 

 

Le camp présidentiel campe sur sa position. Après le chef de l’Etat, c’est au tour du ministre, porte-parole et coordonnateur de la communication de la présidence de la République, de réfuter la thèse du complot invoquée dans l’affaire de mÅ“urs qui incrimine, depuis bientôt un mois, le leader du Pastef/Les patriotes. Une affaire privée devenue politique, qui donne lieu à  une féroce bataille de l’opinion par presse interposée.  

Invité de l’émission »˜’Jury du dimanche » d’iRadio, Seydou Guèye estime, à  cet effet, que la question en discussion n’est pas la levée de l’immunité parlementaire du député mis en cause, mais plutôt la fréquentation de cet institut de beauté par Ousmane Sonko. »˜’Nous avons tous appris qu’un homme politique d’envergure, leader du parti Pastef/Les patriotes, est accusé par une jeune fille de 20 ans, masseuse dans un salon. Quand on a entendu les propos d’Ousmane Sonko, lui-même il dit : »˜Je me suis rendu nuitamment ; j’ai l’habitude de m’y rendre pour prendre des soins de massage. Mais tout cela, c’est le complot de Macky Sall.’  Ousmane Sonko, marié à  deux femmes, rigoureux sur les questions de morale, se positionnant sur ce référentiel dans le champ politique jusqu’à  créer une identité distinctive. Il s’est rendu volontairement dans un salon pour livrer son corps à  une fille de 20 ans. Ce qui s’est passé dans ce salon de massage, suite aux accusations de la jeune fille, ni vous, ni moi, ni quelqu’un d’autre ne le sait », a soutenu Seydou Guèye.

Il estime, à  cet effet, que quand il y a un conflit entre deux citoyens sénégalais de portée pénale ou même civile, il appartient à  la justice de tirer les choses au clair pour que la vérité éclate. Et jusqu’à  présent, rappelle le responsable de l’Alliance pour la République (APR), Ousmane Sonko bénéficie de la présomption d’innocence, car, relève-t-il, il n’est pas inculpé. »˜’Ce que la justice a demandé au niveau de la phase enquête qui est un moment o๠les enquêteurs viennent interroger toutes les parties en cause pour au moins étayer le bien-fondé de la plainte, ce n’est pas de la poursuite et l’enquête n’est pas de l’instruction », poursuit le ministre porte-parole. Seydou Guèye rappelle, toutefois, qu’au Sénégal, le parlementaire bénéficie d’une immunité qui se décompose en deux données : l’irresponsabilité de ses propos dans l’hémicycle et la protection. 

Ainsi, soutient-il, pour que la justice puisse interroger un parlementaire, il faut que son immunité soit levée. »˜’De façon substantielle, j’ai bien écouté Ousmane Sonko et ses soutiens. Je ne comprends pas et je ne sais pas tout ce qu’ils reprochent à  la procédure. Ce que j’ai entendu, c’est un discours avec des élucubrations politico-judiciaires pour argumenter une théorie du complot. J’ai écouté Ousmane Sonko pendant deux heures et, au final, pas un seul mot sur l’affaire. Ce que j’en pense, c’est que l’argument du complot est insoutenable. Aucun d’entre nous, que je sache, n’est mêlé à  cela », déclare Seydou Guèye.  

»˜’Ce n’est pas une affaire politique, mais de mÅ“urs » 

D’après qui, d’ailleurs, quand cette affaire a été portée sur la place publique, le 5 février dernier, le leader du Pastef a réagi sur sa page personnelle pour donner sa version sur cette affaire.  »˜’Il avait dit la chose suivante : »˜Mes chers amis, depuis quelques mois, des amis y compris de l’intérieur ne cessent de m’interpeller sur un complot en préparation portant sur des mÅ“urs, après que les premiers aient lamentablement échoué. Mes chers amis, je voudrais vous rassurer, je n’ai rien avoir avec ces mensonges crapuleux.’ Le dimanche (surlendemain), il dit : ‘Oui, j’y suis allé ; je suis malade, mais c’est le complot de Macky Sall.’ Il n’y a aucun complot. L’Etat n’a rien avoir avec cela. L’Alliance pour la République et la coalition Benno Bokk Yaakaar encore moins. L’Etat de droit, c’est des procédures. Ce qui compte, c’est que force reste à  la loi. Il faut que cette affaire soit tranchée par la justice, de façon impartiale, hors pression de quelque bord que ce soit », explique Seydou Guèye.

Le porte-parole trouve, à  cet effet, incompréhensible cette théorie qui consiste à  dire : on va avoir tous les avantages de la démocratie en termes de liberté et on refuse toute forme d’autorité à  l’Etat. Cela, avertit-il, ne peut pas marcher. »˜’Nous sommes dans un Etat de droit. Tous les citoyens sont soumis au droit. Il ne peut pas y avoir, dans notre pays, un citoyen sénégalais qui soit hors de la portée de la loi, parce qu’il a un statut différent des autres. Ousmane Sonko est un justiciable comme vous et moi et comme d’autres Sénégalais, et cette affaire est une affaire de mÅ“urs. Elle n’est pas politique et n’a aucun relent de complot politique. C’est une affaire privée qui met en conflit deux citoyens sénégalais dont l’une accuse l’autre de viols et de menaces de mort. Tous les jours, dans nos tribunaux, ce sont des dossiers comme ça qui sont présentés au juge », fait-il savoir.

Arrestations  

Seydou Guèye a également été interpellé hier sur les nombreuses arrestations notées, depuis l’éclatement de cette affaire. Et dont les plus célèbres restent celles de Guy Marius Sagna, Assane Diouf, Clédor Sène, Birame Soulèye Diop. A ce propos, le ministre, porte-parole pense que l’Etat a une responsabilité qui consiste à  garantir la sécurité, la tranquillité et le fonctionnement des services. Et quand l’Etat, relève-t-il, sur la base des informations en sa possession, pense qu’il y a risque de troubles à  l’ordre public ou que des actes sont posés dans cette direction, sa responsabilité au titre de cet impératif, c’est de prendre toutes les mesures pour que les populations soient en paix. »˜’L’Etat du Sénégal doit de la sécurité et la stabilité aux Sénégalais et il le fait sans trembler », avertit-il.   

Le responsable politique de la Médina s’est voulu, néanmoins, plus conciliant, en ce qui concerne la déclaration de son leader sur les vaccinations. Macky Sall, en effet, invitait les Sénégalais, la semaine dernière, à  aller se vacciner, sous réserve d’octroyer les doses destinées au Sénégal aux pays de la sous-région. Une sortie différemment appréciée par les Sénégalais pour qui il s’agit plutôt d’un mépris et d’un problème de communication.  

Seydou Guèye pense, lui, qu’il s’agit une boutade qu’il faut mettre sur le ton de l’humour, car, relève-t-il, on ne peut pas investir autant d’argent tiré des ressources de ce pays et faire cela.

»˜’Ce qui importe, c’est de considérer que cela se déroule très bien. C’est une boutade et vous savez qu’il y a des boutades que certains ne peuvent pas accepter. La stratégie de communication du gouvernement est efficace. A chaque fois que le peuple a besoin de l’entendre, le président fait une communication très à  propos. Sa communication n’est pas théorique ou pleine de figures de style ».  

Collaboration Macky Sall-Sonko sur la Casamance 

Par ailleurs, il ne s’est pas fait prier pour aborder la question sur une éventuelle collaboration entre Macky Sall et le leader du Pastef sur la résolution de la crise casamançaise. A ce propos, Seydou Guèye rappelle que le président Macky Sall a fait de l’affaire de la Casamance une question nationale et estime, par conséquent, que toute personne pouvant apporter une position déterminante est la bienvenue.

»˜’Je ne sais pas s’il y a une offre ; ce que je peux dire est que la question de la Casamance est importante pour le président de la République qui l’engage dans une procédure assez novatrice, en termes de résolution. Traditionnellement, ce qui se passe en matière de résolution de conflit, c’est un dispositif ou une doctrine qui part du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion. Macky Sall a estimé qu’on ne peut pas régler la paix avec le vocabulaire de la guerre ».

Le porte-parole du gouvernement indique ainsi que le régime actuel privilégie la réconciliation, la reconstitution et le développement.   

HABIBATOU TRAORE 

 

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