Ansou Sané : «Le Président Sall a insufflé une nouvelle dynamique pour le retour de la paix en Casamance»

Ansou Sané : «Le Président Sall a insufflé une nouvelle dynamique pour le retour de la paix en Casamance»

Senegal7 Le 2020-09-21  Source

Le Directeur de l'Anrac, Ansou Sané a accordé un entretien au correspondant permanent de Sénégal7.com à Ziguinchor. Dans cette interview, il est revenu sur les réalisations faites par le chef de l'Etat, en Casamance. Il salue ainsi les engagements pris par le Président Sall pour le retour de la paix dans la partie méridionale du pays, notamment son désenclavement.

Quel est le bilan du chef de l'Etat en Casamance ?

Comme vous le savez, la Casamance est une région qui vient de loin avec une crise qui a profondément déstructurée tous les pans de la vie de cette région. Pendant longtemps, les efforts de développement étaient freinés par le conflit armé. Toutefois, ces dernières années, l'on a constaté, avec l'avènement du Président Macky SALL, un regain des activités et des investissements grâce à une politique de rupture qu'il a opéré dans la gestion du processus de paix, ce qui a permis d'installer une accalmie favorable à la réalisation d'importantes politiques de désenclavement terrestre, aérien et maritime. Le point d'orgue de cette politique est la construction du pont de Faragégné sans oublier la mise en circulation de deux bateaux et une subvention des tarifs de ces navires. Il ya aussi des avions qui font au moins quatre rotations quotidiennes avec des prix du billet qui ont également connu une forte baisse.

La région a aussi bénéficié d'importantes mesures incitatives notamment dans le domaine du tourisme et du dragage du fleuve avec son impact positif pour le secteur de l'anacarde. Bien sûr, nous pensons que ces mesures et politiques salutaires devraient être renforcées eu égard aux nombreuses potentialités de la région et à sa capacité à apporter une importante contribution dans la réalisation des objectifs du PSE, cela dans un contexte de relance post covid.

Cela renvoie aux enjeux importants qui interpellent le développement de la région et parmi ces enjeux il y a l'industrialisation de la région à travers la mise en place de véritables politiques d'installation d'unités industrielles pour la transformation des produits halieutiques et fruitiers. C'est pourquoi, je voudrais me réjouir du projet de l'Agropole Sud annoncé par le Président de la République, un projet qui va faire de la transformation des potentialités de la région une réalité tout en participant à la création de milliers d'emplois pour les jeunes et les femmes.

Lors du conseil des ministres décentralisé à Ziguinchor, le chef de l'Etat, avait annoncé une importante enveloppe pour les projets publics de la région. Où en est-t-on aujourd'hui ? Quelle est le niveau d'exécution des projets phares de l'Etat en Casamance ?

A l'image des régions du Sénégal, celles de la Casamance avaient reçues le Président Macky SALL entre 2013 et 2014 dans le cadre de tournées économiques à l'issue desquelles des conseils décentralisés avaient été tenues. Ainsi, des engagements de prés de 1000 milliards avaient été pris, répartis entre les trois régions de la Casamance. Sur le terrain, le bilan permet d'afficher des niveaux d'exécution satisfaisants. Ainsi, Ziguinchor affiche prés de 137% de taux de réalisation, Kolda 92% et Sedhiou 58,8%. Tous les secteurs d'activités ont été impactés par ces investissements. De manière générale, les actions ont porté sur le désenclavement, les infrastructures et ouvrages agricoles, hydrauliques, les projets et programmes structurants en faveur des jeunes. Avec l'annonce de la reprise de ces tournées, je voudrais demander aux entreprises qui exécutent les chantiers d'accélérer les travaux mais aussi et surtout faire le plaidoyer auprès du Président Macky SALL pour un renforcement de l'enveloppe destinée à la région car le conflit a fortement impacté la région, ce qui doit inciter à la mise en place d'une véritable politique de discrimination positive au bénéfice des populations de la Casamance. Enfin, pour renforcer la politique d'industrialisation, il faudrait que l'Etat érige la Casamance en une zone économique spéciale, à l'image de Diass, de Diamniadio. Cela permettra de mieux attirer les investissements pour amorcer une véritable transformation industrielle de la région.

Le climat de ni paix, ni guerre demeure toujours au moment où plus d'une dizaine de villages déplacés manifestent le désir de regagner leurs terres natales ! Vous approuvez ?

Depuis 2012, la Casamance fait face à une accalmie grâce à une politique de rupture dans la gestion du processus de paix opérée par le Président de la République. Pour moi, quatre indicateurs permettent de confirmer cette situation. Il s'agit, comme vous le constatez , de la fin des braquages, de la fin des restrictions à la liberté d'aller et de venir des populations, de la levée des nombreux barrages militaires qui jalonnaient la route et surtout le retour des populations qui avaient abandonné leur localité depuis prés de 30 ans. Grace à cette accalmie, la région connait un regain des activités de production et cela est une source de création de richesses pour les populations et pour les villages aux nombreuses potentialités agricoles, halieutiques'

Aujourd'hui, le défi reste l'appui au retour des déplacés dans leur localité. Nos statistiques font état de prés de 20.000 déplacés qu'on a identifiés dans les localités de niaguis et de Adéane ainsi que dans la zone de Djibanar, dans le département de Goudomp. Comme vous le savez, ces mouvements de retour ont été entamés dans le nord sindian depuis quelques années et pour cette année, le village de Bissine a donné le ton dans le département de Ziguinchor. Cela suppose un accompagnement que nous essayons d'apporter aux populations en vivres, en construction d'habitats sociaux?. C'est l'occasion de saluer l'engagement de l'Etat à travers le Gouverneur de la région et l'ensemble des projets et programmes qui interviennent dans la région sans oublier des partenaires tels que l'USAID.

Pour notre part, nous travaillons à mettre en place un cadre , composé de tous les acteurs, pour dégager des complémentarités et des synergies pour la prise en charge des besoins de ces populations , des besoins qu'on a fini d'identifier et qui portent , en plus de ceux que j'ai cités, sur des ouvrages hydrauliques, scolaires, sur l'éclairage et aussi sur la réinsertion économique .

L'autre défi demeure la reprise des activités de déminage et pour cela il faudrait une synergie des acteurs pour renforcer le plaidoyer en vue de l'acception du déminage humanitaire afin de créer les conditions d'un retour sécurisé des populations. Le déminage est une condition préalable au retour des populations et il est aussi fondamental pour la relance des activités maraichères, agricoles et champêtres. Nous saluons la volonté politique du Président de la République de mobilier tout le budget nécessaire au financement des opérations de déminage.

Propos recueillis par Pape Ibrahima Diassy/Sénégal7

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