APRES SA MANIFESTATION REPRIMEE DU VENDREDI : Aar Li Nu Bokk annonce d'autres actions l'intérieur du pays et dans la diaspora

APRES SA MANIFESTATION REPRIMEE DU VENDREDI : Aar Li Nu Bokk annonce d'autres actions l'intérieur du pays et dans la diaspora

Enqueteplus Le 2019-06-18  Source

En dépit de la forte répression de son rassemblement du vendredi 14 juin dernier la place de la Nation (ex-Obélisque), la plateforme Aar Li Nu Bokk tire un bilan satisfaisant de cette manifestation. Cependant, elle annonce d'autres actions mener l'intérieur du pays et dans la diaspora, jusqu' ce que le scandale sur les contrats pétroliers et gaziers soit tiré au clair et les responsabilités situées.

Aar Li Nu Bokk n'a pas encore dit son dernier mot. Malgré la forte répression policière de sa manifestation tenue le vendredi 14 juin, elle ne compte pas baisser les bras. Au contraire, ses initiateurs s'engagent mener d'autres actions qui visent mobiliser, de manière permanente, les populations sénégalaises, pour amener le régime de Macky Sall tirer au clair le scandale 10 milliards de dollars.

Selon le Dr Cheikh Tidiane Dièye, le rassemblement du vendredi dernier n'était en réalité que l'entrée en matière de leur plan d'action. Ainsi, il annonce d'autres actions mener incessamment, pas seulement Dakar, mais l'intérieur du pays et dans la diaspora sénégalaise établie un peu partout travers le monde. Et cela, dit-il, jusqu' ce que cette affaire de corruption sur les contrats pétroliers et gaziers soit tirée au clair.

D'ores et déj, il annonce un point de presse, en début de semaine, pour partager les premières évaluations de la manifestation du vendredi avec tous les Sénégalais qui sont dans ce mouvement. "Nous avons prévu de poursuivre la mobilisation et de continuer poser des actes et mener des actions aussi longtemps que possible, jusqu' ce que le pouvoir comprenne qu'il n'a aucune autre solution que de tirer toute cette affaire au clair et de traduire tous les fautifs dans les tribunaux, afin que justice effective soit faite et que les coupables soient sanctionnés, qui qu'ils soient'', confie d'emblée le leader d'Avenir Sénégal Bi Nu Begg, lorsque joint hier par "EnQuête''.

Selon le directeur d'Enda Cacid, la mobilisation pour une gestion transparente de nos ressources naturelles ne fait que commencer. "Le 14 juin, c'était l'entrée en matière. Mais nous sommes en train d'élaborer un plan d'action pour la suite de ce mouvement. C'est un combat que nous allons continuer aussi bien l'intérieur du pays que dans la diaspora'', promet l'activiste.

Le Dr Cheikh Tidiane Dièye n'a pas manqué de fustiger la répression brutale de leur manifestation interdite par les autorités étatiques. Interdiction qu'il dénonce d'ailleurs très vivement. Selon lui, les autorités ne respectent aucunement l'esprit comme la lettre de la Constitution sénégalaise, en interdisant ce rassemblement pacifique. "Si notre démocratie en est encore des interdictions de manifestations pacifiques, cela veut dire qu'en plus de tous les problèmes que nous rencontrons aujourd'hui sur le scandale de corruption que nous dénonçons, il y a encore beaucoup dire sur le respect des libertés publiques'', fulmine-t-il. Non sans regretter toutes les arrestations qu'il y a eu au cours de cette manifestation.

Une trentaine d'arrestations

"On a dénombré près d'une trentaine d'arrestations au niveau de la place de la Nation et dans ses alentours, même si ceux qui ont été arrêtés ont été certainement libérés dans la soirée. Il n'empêche, il y a eu beaucoup trop d'arrestations de gens qui étaient l pour dire leur message pacifiquement'', maugrée-t-il. Aussi, dénonce-t-il avec la dernière énergie l'acte posé par un policier qui a pointé son arme sur le leader de Pastef, Ousmane Sonko. Ce geste, selon lui, aurait pu dégénérer. "C'est un acte très regrettable et très risqué. Nous en profitons pour inviter le ministre de l'Intérieur et toutes les autorités de la police afin qu'ils prennent les dispositions nécessaires pour que la prochaine fois, qu'ils envoient dans ces types de manifestation des policiers qui ne se laissent pas facilement dépasser par les foules. Parce qu'on aurait pu enregistrer un drame'', déclare-t-il.

Pour leur part, Ousmane Sonko et ses camarades de Pastef parlent d'un fait grave qui ne saurait prospérer, au risque de voir s'installer au Sénégal une violence sans précédent. Ils expriment ainsi leur indignation et leur colère face cette attaque subie par leur leader, contre lequel un policier a dirigé son arme feu, pendant que des "criminels économiques'' sont protégés et courent toujours impunément.

"N'eussent été le professionnalisme et la bravoure de ses gardes du corps et le calme de ses militants, la situation aurait pu dégénérer?'', ruminent-ils dans une note sortie cet effet et parvenue hier "EnQuête''. Ousmane Sonko et ses camarades "patriotes'' regrettent, en outre, que les forces de défense et de sécurité chargées d'assurer la sécurité des citoyens soient utilisées comme arme politique pour casser de l'opposant. Ils prennent ainsi témoin l'opinion nationale et internationale et appellent le président Macky Sall plus de sérénité et de sagesse afin de ne pas verser dans l'escalade de la violence.

"Climat de terreur''

"Pastef-Les patriotes appelle nos forces de l'ordre toujours maintenir leur posture républicaine devant leurs concitoyens manifestant pacifiquement. Il tient le président Macky Sall et son gouvernement pour responsable de tout ce qui pourrait arriver aux citoyens déterminés dénoncer, par une marche pacifique, la prévarication des ressources au profit d'un clan ou d'une fratrie'', lancent-ils dans la note.

Pour eux, la forte répression exercée sur des citoyens venus dénoncer l'opacité et les malversations constatées dans la gestion de nos ressources naturelles est d'autant plus inacceptable que ce droit manifester est garanti par la Constitution.

En tout état de cause, ils estiment que ce fait est symptomatique du "climat de terreur'' que le président Macky Sall souhaite faire régner au Sénégal, tant le nombre des membres de forces de l'ordre déployés était exorbitant face des manifestants pacifiques.

Quoi qu'il en soit, le Dr Cheikh Tidiane Dièye se réjouit qu'en dépit de l'interdiction préfectorale et la forte répression policière, les Sénégalais soient massivement sortis pour manifester. Selon le coordonnateur d'Avenir Sénégal Bi Nu Begg, dès lors que le principal message qu'ils voulaient véhiculer est passé, on peut dire que le rassemblement a été une réussite. "Les Sénégalais sont capables de réagir, lorsqu'ils sont agressés. Ils sont capables de réagir pour dire: "Nous ne voulons pas que cette corruption au sommet s'installe durablement dans notre pays et donne la possibilité certains Sénégalais avec leurs parents et amis étrangers, de piller et de spolier les ressources de la nation''.

Pour lui, "la communauté internationale et tous les médias internationaux et nationaux ont observé, ce jour-l, qu'un président de la République a protégé son frère et a sorti la police pour taper sur le peuple''. "Dans une république, cela sonne faux'', dit-il.

ASSANE MBAYE

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