LANCEMENT DE L'OPERATION "FLYERS FEPP'' : Noo Lank "rallie la police'' sa cause

Chose promise, chose due. Des membres du collectif Noo Lank sont retournés, hier, au rond-point Sham, pour la distribution des flyers contre la hausse de l'électricité. Arrêtés au début, ils ont fini par être relâchés par la police qui a préféré encadrer le lancement de l'opération "Flyers Fepp''.

Le collectif Noo Lank remporte un combat. Le lancement de l'opération "Flyers Fepp'' s'est finalement terminé sans arrestation. A la place des grenades lacrymogènes et autres moyens de répression souvent utilisés par les forces de l'ordre, les éléments du commissariat central de Dakar ont privilégié la surveillance et l'encadrement de la manifestation des activistes. Un geste très apprécié par Landing Mbessane Seck alias "Kilifeu''du mouvement Y en a marre.

Pour le rappeur, la police a compris qu'arrêter les initiateursde cette manifestation ne l'honore pas. "Le commissaire a eu la grandeur de refuser que l'Etat leur inflige ce déshonneur. La police doit être l pour nous protéger sans parti pris. Noo Lank a gagné sa première bataille, car la police a adhéré notre cause'', se réjouit le rappeur. A l'en croire, des milliers de flyers sur lesquels on peut lire en substance: "Non au racket d'Etat sur les citoyens'' ont été distribués au Sénégal et dans la diaspora afinque chaque Sénégalais en dispose, car tout le monde, estime-t-il, ne peut prendre part aux manifestations.

Pourtant, quelques heures auparavant, la situation était toute autre. Le rond-point- Sham et les alentours de l'hôpital Abass Ndao ont connu, ce mercredi, une ambiance particulière. En plus du marché hebdomadaire de friperie, une forte présence policière en tenue ou en civile et des journalistes, attirait l'attention. Mis au parfum du dispositif sécuritaire préalablement érigé au lieu susmentionné, les membres du collectif ont changé d'itinéraire pour se donner rendez-vous aux alentours du marché Tilène. Sur place, c'est Kilifeu du mouvement Y en a marre qui commence la distribution de flyers aux commerçants et passants avec, chaque fois, des messages de sensibilisation. "C'est le collectif Noo Lank; nous sommes l pour vous parler de la hausse du prix de l'électricité. Il faut, votre tour, propager l'information'', dit-il aux passants. "Macky Sall s'est servi de l'argent du contribuable pour préparer la Présidentielle et obtenir son deuxième mandat. Maintenant que les caisses de l'Etat sont vides, il veutfaire cotiser les démunis pour assurer le salaire de ses ministres. Photocopiez si vous pouvez et distribuez les flyers tous les Sénégalais pour dire non cette dictature'', demande-t-il aux bénéficiaires des flyers.

Arrestations

Pris au dépourvu, la plupart de ses interlocuteurs ont mis du temps avant de réaliser la présence des activistes et faire le rapprochement avec le collectif Noo Lank. "Ah, ce sont les membres du mouvement Y en a marre'', murmure-t-on devant les rangées de magasins du marché. Seulement, il aura fallu quelques minutes seulement pour que la police entre dans la danse et démarre les interpellations. Ousmane Wade de Frapp/France dégage a été le premier être appréhendé par les forces de l'ordre. Ce sera ensuite le tour de Kilifeu qui a refusé, pour sa part, d'obéir des policiers en civil. "Vous n'avez pas le droit de m'arrêter. Qui êtes-vous' Ne me touchez pas!'', lance-t-il son vis--vis. Toujours dans son refus de coopérer, il poursuit: "Depuis quand doit-on demander une autorisation pour distribuer des flyers, alors que j'ai récemment croisé des jeunes de l'APR faire la même chose dans la rue, et parfois même l'université. Allez les arrêter aussi!'', lance-t-il aux policiers en civil.

Malgré cet échange houleux, l'activiste finira par rejoindre la fourgonnette de la police. Son arrestation a toutefois ameuté tous les passants, créant un embouteillage monstre sur cette voie très empruntée pour rallier le centre-ville, en cette fin d'après-midi. Ils seront cependant libérés quelques instants plus tard, au grand bonheur de leurs camarades. Pour Simon du même mouvement, les arrestations sont loin de les décourager. Le rappeur explique, en effet, que certains membres du collectif, inconnus des forces de l'ordre, continueront la distribution des flyers dans les artères de Dakar. Le but, selon lui, est de faire comprendre aux Sénégalais que cette hausse est anormale.

"Le courant est cher. On doit tous se mobiliser et refuser de payer les factures. Ailleurs, la population fait bloc. C'est une question d'avenir et ils ne peuvent pas nous empêcher de distribuer ces flyers'', soutient un membre du collectif. Seulement, du côté de certains vendeurs du marché et d'autres occupants de cette artère, la priorité est ailleurs. "Nous sommes concernés par la question de l'électricité, mais actuellement, la priorité,c'est la dépense quotidienne. Je ne gagnerai rien en suivant cette foule. Ils ne sont pas l d'ailleurs uniquement pour la cause des populations, ils ont d'autres intérêts. La preuve, ils étaient hier contre Wade et regardez ce qui s'est passé récemment. Leur agitationne fera pas bouger les choses'', laisse entendre un vendeur établi proximité du terminus de Dakar Dem Dikk.

D'autres passants, par contre, soutiennent les manifestants. Au volant de son camion stationné au milieu de la route, Cheikh encourage le collectif intensifier le combat car, dit-il, ils sont dans leurs droits. "Vous êtes persécutés partout; ce qui n'est pas normal. Ils ont mis les populations devant le fait accompli,avec cette hausse du prix de l'électricité. Pire, tout est flou dans cette affaire, alors que la gestion du pays doit être transparente'', laisse-t-il entendre dans un concert de klaxons de voitures exigeant de libérer la chaussée.

HABIBATOU TRAORE

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