Petrotim: Aliou dépose et consigne un hamac de frustrations

Petrotim: Aliou dépose et consigne un hamac de frustrations

Rewmi Le 2019-06-25  Source

Aliou Sall, frère du Président, a démissionné de son poste de Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
Cela fait suite une pression très forte subie de la part de nombre de citoyens organisés au sein de la coalition Aar liniou bokk et dans d'autres structures ou pris individuellement.
Cette levée de boucliers fait suite, justement, au reportage qui a été fait par nos confrères de la BBC et qui indexe la société Timis Corporation et le frère du Président d'actes graves constitutifs de faits de corruption ou de délits assimilés.
Cette démission a été alors le meilleur service qu'il pouvait rendre son frère de Président. Elle était attendue par ailleurs dès lors que le locataire du Palais n'a manifestement pas voulu le limoger, ne serait-ce que pour mettre l'aise la Justice et lui permettre d'avoir les coudées franches pour faire correctement son travail.
Car, quand des actes aussi graves sont supposés avoir été commis, la personne indexée n'a plus les facultés de gérer de l'argent public, du moins jusqu' ce que la justice soit faite.
Il aurait fallu alors un acte administratif conservatoire en attendant que la lumière soit faite.
Bien sûr, l'intéressé nie en bloc et étale toute sa frustration face ceux qu'il appelle ses détracteurs. Les mots qu'il a choisis sont très forts: "C'est une campagne visant me « déshumaniser »'', c"est une "entreprise de déstabilisation savamment construite'', on a voulu faire de lui, " l'ennemi public numéro un'', etc.
En conséquence, il dit avoir démissionné pour "laver (son) honneur sali, de protéger les (siens) qui sont aujourd'hui encore plus touchés que (lui) dans leur chair et dans leur esprit''.
Il finit par donner rendez-vous au futur étant convaincu que "la lumière se fera un jour''.
Qu' cela ne tienne, mais que l'on n'oublie jamais les affaires Khalifa Sall, Karim Wade et autres'C'était aussi très douloureux pour leurs proches et eux. Ils ont été taxés de "voleurs'' justement par les membres du camp présidentiel et pendant une longue période.
Or, dans une République, la recherche de la vérité est plus forte que tout le reste. Une vérité qui est le socle sur lequel repose tout le reste et sans lequel l'édifice ne saurait tenir.
La réalité est qu'Aliou a profité du système, il n'est pas alors exclu qu'il en subisse les contrecoups comme c'est le cas actuellement.
Dans cette histoire de pétrole, le camp présidentiel a fait preuve d'imprudence et d'inadvertance. Faire venir Frank Timis au Sénégal, le mettre en rapport de travail avec Aliou Sall a été l'erreur de fond dont les conséquences seront incalculables même si l'ancien régime a une part de responsabilité dans ce montage.
Dans un contexte de "reddition des comptes'' définie comme politique publique prioritaire, ce n'est guère une bonne idée de mettre au-devant de la scène ses proches pour les responsabiliser.
Aujourd'hui qu'il a démissionné, il serait également heureux qu'il se mette la disposition des enquêteurs de la DIC pour apporter toute son assistance l'éclosion de la vérité.
C'est la seconde phase qui est importante sur ce chapitre qui mobilise une bonne partie de l'opinion, y compris sur la place publique.
Le Maire de Guédiawaye a été nommé un poste la CDC où il ne devrait jamais être, ne serait-ce que par rapport une promesse ferme faite par le Chef de l'Etat.
C'est tout cela que l'on ne pardonne pas au camp présidentiel.
En politique, les erreurs ne se pardonnent pas et se paient cash. Et Sall et frère sont en train de l'apprendre leurs dépens.
Assane Samb

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