WADE, MBAYE DIACK, BATHILY, DANSOKHO : "J'ai toujours rêvé qu'un jour, un après-Macky nous fasse nous retrouver''

WADE, MBAYE DIACK, BATHILY, DANSOKHO : "J'ai toujours rêvé qu'un jour, un après-Macky nous fasse nous retrouver''

Enqueteplus Le 2019-05-22  Source

Même si ses sorties se font de plus en plus rares, l'ancien président Abdoulaye Wade a publié, hier, une déclaration dans laquelle il rend hommage son défunt "ami'' Mbaye Diack. Il revient également sur sa conception des idéologies, sur ses relations amicales avec Bathily et Dansokho qu'il espère retrouver, après le départ de Macky du pouvoir.

Tout a commencé sous le règne de Senghor. C'était lors d'une conférence de la Ld/Mpt, un soir Soumbédioune. "Je fus particulièrement impressionné par son intervention logique et pertinente. On sentait l'impact sur lui de la rigueur marxiste. Je regrettais déj qu'il ne fût pas avec moi. Je l'aurais formé avec les autres jeunes et nul doute, pour moi, qu'il aurait été parmi mes plus proches compagnons'', témoigne l'ancien président Abdoulaye Wade, dans une déclaration empreinte d'émotion. Plus tard, il sera davantage convaincu, quand il apprit que M. Diack enseignait les Mathématiques. Ce qui le confortait dans son impression que le marxiste était un "jeune homme logique et rigoureux''.

Tombé définitivement sous le charme du "jeune'' leader, Wade entreprit alors de le démarcher, mais ne parvint, malgré leurs longues conversations, " le départir de la gangue marxiste dont on ne pouvait jamais se débarrasser une fois qu'on était pris dans la glu''. Mais nonobstant ce désaccord, les deux hommes continuèrent d'entretenir "d'excellentes relations''. "Lui me considérant comme son grand frère et moi, comme mon petit frère. Il fut pour beaucoup dans le rapprochement Pds-Ld, Abdoulaye Bathily-Abdoulaye Wade'', rapporte le Sg du Pds. Qui poursuit: "En dépit de nos appartenances idéologiques opposées, nous devînmes des amis. A telle enseigne qu'on se demandait pourquoi on était dans deux partis différents.''

Ce mimétisme occidental, renchérit-il, "lorsque nous revenions d'Europe, avait fait beaucoup de mal en nous divisant profondément, en nous haïssant même, bourgeoisie contre capitalisme, alors qu'en réalité, nous n'étions ni l'un ni l'autre. Nous étions tout simplement aliénés''.

"Les marxistes sont, il est vrai, durs et rigoureux, mais'''

Le temps s'écoule, les deux hommes se rapprochent. Ils finissent par comprendre, selon Wade, qu'au fond ils avaient les mêmes adversaires. "Lorsque je fus absent du Sénégal pour assez longtemps, renchérit-il, Abdoulaye Bathily était le seul s'opposer toute prise de décision importante, "tant que Wade n'est pas l. A mon retour, je fus reçu par une foule de plus de 2 millions de personnes, de l'aéroport la permanence du Pds. J'aurais pu prendre le pouvoir, si j'étais tant soit peu putschiste. Mais mes convictions libérales m'éloignaient de tout pouvoir qui ne sortît des urnes''.

Plus tard, les deux partis se retrouvèrent dans un même gouvernement Diouf, grâce aux assurances que lui (Wade) ne cessait de donner ce dernier (Diouf) que "les marxistes sont, il est vrai, durs et rigoureux, mais ce sont de vrais patriotes dont ont pouvait craindre des manifestations, mais pas des coups d'Etat''.

A en croire Wade, Diouf semblait on ne peut plus réticent, mais finit par se convaincre. Car, selon toujours l'ancien président, personne ne pouvait troubler la situation par des manifestations, si le Pds n'était pas dans le coup. "Comme avait dit un jour Senghor ses pairs qui, Niamey, l'occasion d'un sommet, s'étonnaient qu'il pût s'éloigner aussi longtemps une époque où, dès qu'un chef d'Etat tournait le dos, les militaires prenaient le pouvoir: "Chez moi, leur a dit Senghor, lorsque je m'absente, c'est Wade qui gère le mécontentement.'

Cela dit, l'ancien chef d'Etat est également revenu sur son compagnonnage avec Abdoulaye Bathily, Mbaye Diack et Amath Dansokho, après l'alternance de 2000. "Nous avons travaillé, du mieux que nous pûmes, pour notre pays, sans surtout chercher nous enrichir'', fait-il savoir.

Malgré le départ de la Ld/Mpt de la mouvance présidentielle l'époque, malgré la perte du pouvoir en 2012, témoigne Wade, Mbaye Diack, qui avait fini de créer sa propre formation, l'Ufpe, est toujours resté très proche de lui et de son parti le Pds, tout en conservant son idéologie. "Même malade, Mbaye Diack faisait tout pour participer aux réunions du front. Il était particulièrement visible dans la bataille pour la libération de Karim Wade et avait, avec mon épouse, des relations cordiales tissées au cours les batailles d'avant 2000. Durant tout ce temps, Abdoulaye Bathily, Mbaye Diack et moi avons conservé nos relations d'amitié et de fraternité, et j'ai toujours rêvé qu'un jour, un après-Macky nous fasse nous retrouver?''.

Selon lui, le Sénégal a perdu un grand patriote. Il a disparu en laissant une petite famille. "Que celle-ci comprenne qu'elle est maintenant ma famille et que je suis prêt partager ses soucis. Mbaye Diack, un exemple de probité, de courage frisant la témérité, a disparu. Que Dieu l'accueille en son paradis. Qu'il serve d'exemple et de repère notre jeunesse''.

MOR AMAR

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