A LA DECOUVERTE DE MAMPALAGO : Un village

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Société

MAMPALAGO – La pauvreté dans le village de Mampalago demeure une réalité. Elle constitue du reste une véritable contrainte pour la bonne éducation des enfants. Et, ce n'est pas le directeur de l'unique école élémentaire de cette zone, Oumar Diaban, qui dira le contraire. Affecté dans cette contrée, depuis un an, M. Diaban dit avoir rencontré d'énormes problèmes. Par exemple, chaque matin, avant le démarrage des cours, il accuse du retard. «Nous perdons beaucoup de temps avant de démarrer. Il faut effacer le tableau, mettre de l'eau dans le seau, alors que l'eau demeure un problème ici», déclare-t-il.

Il y a aussi le manque de moyens pédagogiques, de matériels de travail pour les enfants qui sont issus des familles modestes. «Car vous voyez des enfants venir à l'école sans matériel. Il arrive même qu'on ait une seule ardoise pour toute une famille, le stylo aussi c'est pareil», explique le maître qui est ainsi obligé de se transformer en parent d'élèves. «Par nos propres moyens, nous nous débrouillons pour acheter même un stock de stylos ou d'ardoises et même des cahiers pour les enfants. C'est une situation très difficile», commente-t-il.

La mesure radicale consistant à renvoyer les enfants pour les conscientiser ne résout pas les problèmes. «Malheureusement, ils ne viennent jamais demander pourquoi leur enfant a été renvoyé ou voir ce qui se passe à l'école, il n'y a pas de retour. Ici, nous sommes maîtres et parents d'élèves», indique-t-il, avant d'ajouter : «Je ne peux pas comprendre ce qui se passe ici. Car l'école de Mampalago est créée depuis 1948, donc la population qui vit ici est avertie, mais il n'y a que des problèmes dont personne ne se préoccupe. Il y a un manque de moyens criards et les gens qui vivent difficilement pensent plutôt à la popote, plutôt qu'aux fournitures des enfants».

Mais, selon lui, malgré ces conditions difficiles, il y a le côté professionnel. Et les enseignants parviennent à faire de bons résultats avec 50% de réussites au Cefe, et aussi des enfants qui se démêlent très bien. «Mais, l'année dernière, on a eu une chute libre pour descendre à 33% au Cefe. Ce qui n'est pas fameux», souligne-t-il en expliquant cette baisse par le fait que les enfants viennent souvent à l'école sans apprendre leurs leçons, malgré les sanctions, les réunions avec les parents pour un suivi à la maison. Et l'absence d'électricité n'est pas, d'après lui étrangère à ce fait.

«La manière dont les enfants quittent l'école, c'est comme cela qu'ils nous reviennent le lendemain. L'environnement du village montre que les parents sont pauvres. Pour avoir de l'argent pour acheter du pétrole pour la lampe tempête ou une bougie pose un énorme problème. Par conséquent, la nuit, il n'y a pas de suivi des enseignements. Pour vous dire comment les parents se sont désintéressés, au lieu de demander aux enfants d'aller apprendre leurs leçons, ils les envoient jouer dans les ruelles du village pour qu'ils les fatiguent pas», soutient M. Diaban en lançant un appel aux partenaires afin qu'ils les aident en équipements.

«Si nous pouvions avoir deux à trois ordinateurs, ça aiderait beaucoup. Car à l'école, nous avons un panneau solaire qui ne nous serve qu'à charger les portables. Nous sommes à l'ère des Tics et ou moins, même si nous ne sommes pas connectés au net, que les enseignants et les élèves puissent manipuler et taper sur l'ordinateur un peu, ça améliorerait les enseignements», déclare-t-il en révélant que l'école compte 9 classes et 6 enseignants. «Il y a un déficit de personnel. En tant que directeur, j'étais déchargé, mais maintenant je cumule», confie M. Diaban.

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