Témoignages – Dans L'enfer Des Victimes De Habré:  » Chaque Jour, On Exécutait Des Gens, Et Violait 2 à  3 Femmes »

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Société

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Face aux journalistes, ce jeudi 3 septembre, à Dakar, pour expliquer à l'opinion sénégalaise et internationale, les raisons qui les ont poussées à demander justice, les 7 victimes parmi 4 445, ont, tour à tour, expliqué leur calvaire durant les 8 années de règne de Habré. A cet effet, Mme Fatimé Sakine, une des victimes, a déclaré qu'elle a été emprisonnée à l'âge de 17 ans, par la Direction de la documentation et de la sécurité (Dds).

A l'en croire, elle a fait 18 mois en prison durant lesquels ses parents ont cru qu'elle était décédée et ont même organisé des cérémonies funéraires. Selon elle, ce séjour carcéral a été pire qu'un calvaire. «Nous sommes des victimes directes. Nous avons vécu la scène. J'étais emprisonnée avec Rose, qui était une brave femme et qui a été exécutée avec d'autres femmes. Chaque jour, on exécutait des gens. Nous voulons que Habré soit jugé pour tous ces crimes», a-t-elle renseignée.


«On restait parfois jusqu'à 2 jours sans manger»

Ousmane Abakar est aussi un témoin oculaire des crimes de l'ancien chef d'Etat tchadien, Hissein Habré. Arrêté en 1983 par les hommes de Habré, cet homme de plus de 60 ans a  soutenu qu'ils étaient disposés comme des sardines dans les cellules et  écroués tout au long de la journée au sol.

Pis encore, il confie, qu'ils restaient même parfois jusqu'à deux jours sans manger. Une situation qui a fait que chaque jour, 2 à 3 prisonniers décédaient dans les cellules. Un calvaire que l'homme a vécu durant 4 ans. «J'ai vécu des choses inhumaines durant le règne de Habré», a-t-il martelé.


 «2 à 3 femmes sont violées chaque jour»

Mme Haoua Brahim, une autre victime, quant à elle, dit qu'elle a été arrêtée à 13 ans à la place de sa mère qui avait voyagé. Après plus d'un an en prison, elle a tenté de se suicider en prenant des comprimés. Parce que, dit- elle, chaque jour, ils prenaient 2 à 3 femmes pour les violer. C'est pourquoi, elle souhaite aujourd'hui, que justice soit faite.

 

«Mon père a été exécuté et le même soir j'ai été violée et maltraitée»

Selon Mme Rachel Mouaba, une autre victime,  son père a été exécuté et le même soir elle a été violée et maltraitée par les éléments de la direction de la documentation et de la sécurité (Dds). A en croire la dame dont la cinquantaine est révolue, Hissein Habré est «le symbole vivant de la terreur, de la mort et du deuil qui a frappé des milliers et des milliers de familles tchadiennes».

cheikhou Aidara

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