REAL MADRID : Pourquoi tant de jeunes n’y arrivent pas ?

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Après les échecs de Jovic et d’Odegaard cette saison, un constat est clair : de moins en moins de jeunes parviennent à  s’imposer à  Madrid. Explications.

 

Pendant ce mois de janvier, le Real Madrid est en passe d’enregistrer deux départs : celui de Luka Jovic, déjà  officialisé, et celui de Martin Odegaard, bientôt acté, alors que le milieu de terrain norvégien a demandé à  être prêté une nouvelle fois. Du côté de Madrid, la sensation est amère, du moins chez les fans, et probablement chez certains dirigeants qui, selon la presse espagnole, étaient déjà  un peu agacés du manque d’opportunités accordées à  celui qui avait été recruté à  l’'ge de 15 ans seulement. Si les deux joueurs devraient bien revenir du côté de la capitale en fin de saison, un constat est de plus en plus évident : les jeunes joueurs n’y arrivent plus au Real Madrid.

Chaque cas est différent, évidemment. Certains quittent tout simplement le club avant même d’avoir pu s’imposer, conscients que les portes seront fermées. D’autres persistent et signent, montrant parfois de belles choses lorsqu’ils ont l’occasion de jouer mais ne parviennent pas à  obtenir un rôle important, alors que d’autres sont tout simplement vendus ou prêtés car ils n’entrent pas dans les plans de Zinedine Zidane d’entrée. Certains ont eu des chances mais n’ont pas réussi à  les saisir, et ont finalement réussi à  s’épanouir ailleurs. Une première question se pose : ces jeunes ont-ils le niveau suffisant pour jouer au Real Madrid ? La réponse, pour la plupart des cas, est plutôt évidente. Lorsque l’on voit des joueurs comme Marcos Llorente ou Mario Hermoso cartonner à  l’Atlético, tous deux n’ayant pas été conservés par Zinedine Zidane, difficile de se dire qu’ils n’avaient pas leur place dans la rotation. On peut aussi se demander pourquoi Reguilon n’a pas eu sa chance lorsque l’on voit les prestations moyennes de Ferland Mendy et la forme défaillante de Marcelo. Et la liste est longue, avec d’autres joueurs comme Achraf Hakimi, Théo Hernandez, Mateo Kovacic ou même Dani Ceballos, qui revient bien avec Arsenal.

Les jeunes ont peu de chances

Bien évidemment, ce n’est pas parce qu’un joueur est talentueux qu’il va forcément briller dans une équipe, puisqu’il y a énormément de variables à  prendre en compte, parmi lesquelles sa compatibilité avec la tactique en place, son adaptation au vestiaire, sa résistance à  la pression, des aspects extra-sportifs et bien plus encore. Mais quand il y a tant d’exemples, on n’est plus sur des cas ponctuels, et le problème peut se situer ailleurs. Zinedine Zidane est ainsi régulièrement pointé du doigt. Premièrement, car le Français n’accorde que très peu d’opportunités aux jeunes joueurs, confiant énormément en ses tauliers. Même des joueurs qui peuvent parfois montrer de bonnes choses, à  l’image de Rodrygo Goes, sont rapidement relégués sur le banc une fois que tout l’effectif est disponible, et n’en sortent que très rarement. Un climat de non-concurrence qui, forcément, empêche bon nombre de joueurs de grappiller des minutes pour progresser, comme les deux exemples cités plus haut.

Au final, sur l’ère Zidane, ils sont très peu à  s’être imposés. On pense à  Marco Asensio avant sa grave blessure, ou Ferland Mendy, qui malgré son 'ge assez peu avancé avait tout de même déjà  une grosse expérience sur ses épaules. Fede Valverde, éventuellement, même si son bon rush de la saison passée semble oublié pour le tacticien. Il ne s’agit pas de taper sur le Marseillais, qui a sà»rement ses raisons de miser sur ses soldats habituels, et son titre de Liga o๠les tauliers ont porté l’équipe, dans un contexte particulier certes, peut lui donner raison. Le côté affectif et émotionnel est aussi à  prendre en compte, lui qui a tout vécu avec ce groupe de joueurs. Concrètement, il s’agit probablement plus d’un vote de confiance aux valeurs sà»res de son effectif qu’un boycott prononcé des jeunes joueurs. En revanche, c’est problématique à  l’heure o๠ses dirigeants misent énormément sur le recrutement de pépites aux quatre coins du globe, et surtout, que son effectif est quand même en bout de course et nécessite une bonne injection de sang neuf.

Le 4-3-3 de Zidane, pas le meilleur système pour briller

Ensuite, la façon de jouer de son équipe ne favorise pas forcément l’éclosion de talents, et ce à  pratiquement tous les postes. C’est un fait, les jeunes s’épanouissent bien plus facilement dans des équipes avec une philosophie de jeu marquée, qu’elle soit défensive ou offensive, mais o๠leur rôle et les consignes à  appliquer sont claires. Et surtout, o๠il y a une vraie ligne directrice et un équilibre dans le jeu. Ainsi, difficile pour un défenseur de briller quand l’arrière-garde est aussi exposée, comme un milieu de terrain au profil créatif risque d’avoir du mal à  créer du jeu lorsque l’animation offensive de l’équipe est en berne. Quant aux attaquants, ils reçoivent souvent très peu de ballons en bonne condition, avec des joueurs de côté qui multiplient beaucoup les centres hasardeux dans la surface. Une théorie qui s’applique également à  d’autres joueurs pas forcément jeunes.

Un joueur comme Vinicius Junior a beau assurer dans ses interviews qu’il ne ressent aucune pression sur le pré, la réalité du terrain nous prouve l’inverse. « Le Real Madrid, c’est très difficile pour les jeunes », résumait le jeune Borja Mayoral, aujourd’hui à  la Roma, dans un entretien accordé à  AS la saison dernière. La pression médiatique et surtout l’impératif d’être performant dès le début peuvent rendre le climat très angoissant pour un joueur qui n’a encore que très peu d’expérience du haut niveau, et ça, c’était déjà  le cas bien avant Zinedine Zidane. Un contexte o๠les joueurs n’ont pratiquement pas le droit à  l’erreur sous peine de voir leur nom en une de billets d’humeur dans AS ou Marca, ou d’être repris par tout le Bernabéu au moindre ballon perdu, peut très vite perturber un jeune joueur. C’en est parfois même malsain. Mais c’est aussi le cas dans le sens inverse : Zinedine Zidane étant contesté au moindre mauvais résultat, on peut imaginer qu’il préfère ne pas prendre de risques et miser sur des joueurs confirmés, a priori plus susceptibles d’être performants. Le serpent qui se mord la queue, en somme. Mais des joueurs comme Take Kubo ou Reinier peuvent déjà  se faire du souci.

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